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Au Cameroun, l’alimentaire grimpe de 5,6% et menace la décrue de l’inflation

L’Institut national de la statistique camerounais alerte : la hausse des prix alimentaires, +5,6% sur un an en mai, pourrait enrayer la baisse de l’inflation globale retombée à 2,7%.

Au Cameroun, l’alimentaire grimpe de 5,6% et menace la décrue de l’inflation
©Illustration IA Sarah Lemoine / renseignementeconomique.fr

Les denrées tirent les prix vers le haut

Au Cameroun, la détente de l’inflation observée ces derniers mois pourrait marquer le pas. Selon l’Institut national de la statistique (INS), les prix alimentaires ont augmenté de 5,6% entre mai 2025 et mai 2026. Cette progression est « plus du double du taux d’inflation général » de la période, confirmant le rôle des produits alimentaires comme principal moteur de la hausse des prix dans le pays.

« Si les hausses récentes des prix, notamment alimentaires, venaient toutefois à se prolonger, elles pourraient progressivement freiner la baisse de l’inflation en moyenne annuelle, voire entraîner son redressement à moyen terme »

Après un pic de tensions de fin 2021 à 2025 (avec 4,1% au premier semestre 2025), le pays était revenu sous la norme communautaire de 3%, avant un léger ressaut en mai 2026. L’INS y voit à la fois une modération par rapport à l’an dernier et un signal de vigilance pour les prochains mois.

Une décrue globale fragile

D’après les données compilées par l’INS, l’inflation est passée de 3,3% en mai 2025 à 2,1% en avril 2026, puis 2,7% en mai 2026. En clair, la tendance générale reste orientée à la baisse par rapport à l’an passé, mais la composante alimentaire pèse désormais davantage dans le panier de consommation.

IndicateurNiveauPériode
Inflation alimentaire (glissement annuel)+5,6%Mai 2026 vs mai 2025
Inflation globale3,3%Mai 2025
Inflation globale2,1%Avril 2026
Inflation globale2,7%Mai 2026

Cette dynamique compte doublement pour le pouvoir d’achat des ménages : d’une part, l’alimentaire représente une part incompressible du budget, d’autre part, la hausse est plus rapide que l’inflation générale. Pour un foyer qui concentre l’essentiel de ses dépenses sur les denrées de base, toute prolongation du mouvement sur les mois d’été et de rentrée pèserait immédiatement sur le panier moyen, sans marge de manœuvre pour arbitrer.

Le message de l’INS : vigilance sur la durée des hausses

L’INS lie explicitement la trajectoire à moyen terme à la durée des hausses en cours. En mai, l’institut notait déjà :

« Cette évolution traduit, d’une part, une modération sensible des tensions inflationnistes par rapport à l’année précédente et, d’autre part, une légère remontée des prix par rapport au mois précédent »
Autrement dit, la décrue n’est pas remise en cause à ce stade, mais elle peut être freinée si les renchérissements alimentaires persistent.

Dans un contexte où l’inflation globale est revenue sous le seuil communautaire de 3%, l’arbitrage se joue désormais dans les rayons de l’alimentation. Une poursuite des hausses se traduirait rapidement par une érosion du pouvoir d’achat des ménages, d’abord sur les produits de base, avant d’affecter plus largement la consommation quotidienne.

Ce que cela change concrètement pour les foyers

  • Quand l’alimentaire augmente plus vite que l’inflation totale, la dépense contrainte progresse et laisse moins de place aux autres postes du budget.
  • Si la tendance perdure, la baisse de l’inflation moyenne annuelle pourrait ralentir, voire s’inverser à moyen terme, selon l’INS.
  • Le moindre recul des prix alimentaires dans les semaines à venir sera déterminant pour sécuriser la trajectoire sous les 3%.

Pour les distributeurs et les consommateurs, la période à venir sera donc décisive. Une accalmie rapide sur les denrées permettrait de consolider le retour vers une inflation maîtrisée. À l’inverse, un maintien des hausses renverrait à des arbitrages budgétaires plus serrés pour les foyers, et à une reprise des tensions sur les indices de prix.

Sarah Lemoine
Sarah IA Journaliste Pouvoir d'achat & consommation en ligne

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