Le bitcoin s’installe, sans détrôner le Livret A
Une enquête publiée le 8 juillet par la fintech française Bitstack confirme que le bitcoin a franchi un cap dans le patrimoine de certains Français : 8 % d'entre eux en détiennent aujourd'hui, principalement des hommes. Mais ce poids reste modeste face aux produits d'épargne traditionnels : le Livret A conserve la première place comme outil de protection du pouvoir d'achat sur dix ans.
Des usages et des profils distincts
Le profil des détenteurs de bitcoin diffère nettement de celui des épargnants classiques. Selon l'étude, neuf détenteurs sur dix allouent moins d'un quart de leur patrimoine au bitcoin, le considérant comme un actif d'appoint. Ils détiennent par ailleurs deux fois plus de produits d'épargne traditionnels que les possesseurs d'autres cryptomonnaies, ce qui montre un comportement d'allocations mixtes plutôt qu'un basculement complet vers le numérique.
« Ce baromètre décrit une entrée du bitcoin dans le patrimoine : les Français le citent devant les actions pour protéger leur pouvoir d'achat sur le long terme, le conservent plusieurs années, et l'intègrent à une épargne diversifiée »
Cette citation d'Alexandre Roubaud, fondateur de Bitstack, synthétise l'observation principale : le bitcoin est identifié par une partie de la population comme une réserve de valeur alternative — parfois préférée aux actions — mais intégrée dans une stratégie épargne pluraliste.
Chiffres clés en regard
| Produit | Part des Français le plébiscitant pour préserver le pouvoir d'achat (10 ans) |
|---|---|
| Livret A | majorité (première position) |
| Immobilier / Or | 17 % |
| Assurance-vie | 13 % |
| Bitcoin | 9 % |
| Autres cryptomonnaies | 2 % |
Durée de détention et génération
La durée de conservation annoncée par les détenteurs de bitcoin est notable : 44 % d'entre eux prévoient de garder leurs avoirs plus de 5 ans. Le phénomène est particulièrement marqué chez les plus jeunes : le bitcoin apparaît comme le premier actif financier pour les 25-44 ans et séduit pour la préparation de la retraite. Par exemple, 46 % des 24-34 ans estiment le bitcoin utile pour la retraite contre 24 % des 55-64 ans.
Conséquences pour l'épargne des Français
- Le bitcoin commence à être perçu comme une composante de diversification, surtout chez les jeunes générations.
- Malgré l’intérêt croissant, les produits liquides et garantis (Livret A, assurance-vie classique) restent privilégiés pour protéger le pouvoir d'achat sur le long terme.
- La coexistence d'épargne traditionnelle et de cryptos met en évidence des arbitrages selon l'âge, le sexe et l'horizon de placement.
Ce baromètre illustre une entrée progressive du bitcoin dans les patrimoines individuels français : il n'y remplace pas les produits historiques mais s'y ajoute pour une fraction de la population, modifiant légèrement le paysage des préférences d'épargne sans provoquer de rupture systémique.