Des chiffres encourageants, des fragilités persistantes
La Banque mondiale publie, dans sa note sur la situation économique du Burkina Faso datée du 30 juin 2026, un bilan contrasté : une croissance du PIB réel estimée à 5,3 % en 2025 contre 4,8 % en 2024, un rebond du PIB par habitant (passant de 2,5 % à 3 %) et une inflation redevenue négative (-0,5 %) après une forte hausse en 2024. Ces indicateurs témoignent d'une résilience macroéconomique notable malgré une situation sécuritaire encore marquée par le terrorisme et une transition politique en cours.
Les moteurs de la reprise
La Banque mondiale attribue cette amélioration à un faisceau de facteurs sectoriels. Sont cités en particulier le secteur agricole — soutenu par de meilleures conditions météo et par l'Offensive agropastorale et halieutique du gouvernement —, la résilience des services liée à une amélioration relative de la sécurité, et la progression du secteur minier favorisée par la formalisation de l'exploitation artisanale et l'entrée en vigueur d'un nouveau Code minier.
«L’amélioration de la croissance a été portée par plusieurs facteurs : une performance du secteur agricole, soutenue par des conditions météorologiques favorables et par l’Offensive agropastorale et halieutique du gouvernement burkinabè, la résilience du secteur des services, grâce à une amélioration de la situation sécuritaire, la progression du secteur minier qui a largement bénéficié de la formalisation de l’exploitation minière artisanale et semi-mécanisée, ainsi que de l’entrée en vigueur du nouveau Code minier.»
Inflation et conditions alimentaires
Après une flambée des prix alimentaires et de l'énergie qui avait fait passer l'inflation de 0,7 % en 2023 à 4,2 % en 2024, l'indicateur est retombé en territoire négatif en 2025. La Banque mondiale explique ce retournement par la baisse des prix de l'énergie et par une récolte agricole abondante ayant fait baisser les prix des denrées. Ce retournement est favorable au pouvoir d'achat, mais la fragilité reste forte pour les ménages vulnérables, notamment dans les zones rurales exposées à l'insécurité.
Emploi, informel et pauvreté
Le rapport met en garde contre la persistance d'un secteur informel dominant et rappelle que la croissance observée doit désormais se traduire par des emplois productifs et une inclusion économique plus large. La Banque mondiale relève néanmoins une baisse significative de l'extrême pauvreté, sans chiffrer davantage dans l'extrait disponible. L'institution recommande des réformes structurelles ambitieuses pour transformer les gains macroéconomiques en améliorations durables des conditions de vie.
Conséquences et enjeux pour les partenaires internationaux
Pour la France et l'Union européenne, le scénario burkinabè pose plusieurs questions : comment soutenir la formalisation minière tout en limitant les risques sociaux et environnementaux ? Quelles priorités d'aide conditionner pour favoriser la création d'emplois productifs ? Et comment articuler soutien économique et exigences de stabilité face à une menace terroriste persistante ? La note souligne la nécessité d'actions coordonnées entre autorités nationales et bailleurs pour ancrer les progrès récents.
Tableau synthétique des indicateurs clefs
| Indicateur | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|
| Croissance du PIB réel | — | 4,8 % | 5,3 % |
| Croissance du PIB réel par habitant | — | 2,5 % | 3 % |
| Inflation | 0,7 % | 4,2 % | -0,5 % |
La Banque mondiale insiste enfin sur le fait que ces gains restent vulnérables si les réformes structurelles — emploi, formalisation, gouvernance minière — ne sont pas engagées. La trajectoire macroéconomique est plus favorable, mais le défi pour les autorités burkinabè et leurs partenaires est de convertir cette fenêtre d'amélioration en progrès sociaux durables.
- Points clefs : croissance en hausse, inflation négative, baisse de l'extrême pauvreté.
- Risques : secteur informel important, populations rurales exposées à l'insécurité.
- Recommandation : réformes structurelles pour l'emploi productif et formalisation minière.