Plusieurs figures majeures de la finance, longtemps critiques à l'égard du Bitcoin, ont opéré un tournant notable : elles ne se contentent plus de tolérer la crypto, elles y construisent désormais des produits et en tirent des revenus. Ce mouvement illustre une transition organisée vers une offre institutionnelle qui répond à une demande croissante de la clientèle en matière d'accès aux actifs numériques.
Un revirement expliqué par la demande et le modèle économique
Le commentaire central du dossier est simple et pragmatique : les clients demandent de l'exposition au Bitcoin et aux actifs numériques, et les banques ou gestionnaires d'actifs répondent en créant des produits — fonds cotés, véhicules réglementés, services de trading et d'administration. Pour ces acteurs, l'enjeu n'est pas tant d'être convaincu par la technologie que de proposer des offres rentables.
Exemples cités
- BlackRock : anciennement critique, la société a lancé un ETF spot Bitcoin (IBIT), un produit réglementé destiné aux investisseurs institutionnels et particuliers.
- Ken Griffin (Citadel) : mentionné comme ayant reconnu publiquement s'être trompé sur la crypto, illustrant un changement d'appréciation chez certains grands investisseurs.
« Le patron de BlackRock, Larry Fink, qualifiait encore le bitcoin de moyen de blanchiment d’argent en 2017. »
La citation historique attribuée à Larry Fink souligne la distance parcourue : en moins d'une décennie, BlackRock est passé d'une posture fortement critique à la commercialisation d'un produit dédié. Le cas est symptomatique d'une évolution plus large où la perception publique et institutionnelle de la crypto s'est transformée.
Conséquences et limites
Ce basculement institutionnel a plusieurs conséquences concrètes :
- Il augmente potentiellement les flux de capitaux réglementés vers les marchés crypto, via des véhicules considérés comme plus sûrs par une partie des investisseurs.
- Il renforce la normalisation et la financiarisation des cryptomonnaies, favorisant leur intégration dans la gestion d'actifs traditionnelle.
- Il pose des questions sur la nature de l'adoption : moteur de croissance ou simple réponse commerciale à la demande client ?
Il convient d'être prudent : l'article rappelle que le Bitcoin traversait, au moment de la publication, un repli — il fermait à un niveau plus bas qu'en 2024 selon le texte — et que l'intérêt des institutions ne garantit pas l'absence de volatilité ni la disparition du risque. Les produits structurés peuvent aussi amplifier certains risques de marché lorsqu'ils facilitent l'accès à des volumes plus importants.
Tableau synthétique
| Acteur | Position passée | Action récente |
|---|---|---|
| BlackRock | Critique (Larry Fink, 2017) | Lancement d'un ETF spot Bitcoin (IBIT) |
| Citadel / Ken Griffin | Scepticisme public | Reconnaissance d'une erreur passée |
Au final, ce glissement n'élimine ni les incertitudes réglementaires ni la volatilité inhérente aux cryptomonnaies. Il témoigne cependant d'une nouvelle étape : la crypto entre, de manière plus visible, dans l'économie de marché traditionnelle, non pas seulement comme objet spéculatif, mais aussi comme source de revenus et de produits pour des acteurs établis. Reste à voir si cette professionnalisation réduira les cycles extrêmes de prix ou renforcera au contraire certains canaux de transmission de risque.