Un ajustement attendu sur la part variable
À compter du 1er août 2026, le prix du kilowattheure de gaz facturé aux particuliers en zone GRDF recule de 1,9 %, passant de 0,12766 € à 0,12527 € TTC, selon des données publiées par Selectra. L’ajustement porte exclusivement sur la composante variable de la facture, c’est‑à‑dire la part directement indexée sur la consommation. L’abonnement mensuel reste, lui, inchangé.
Le lien avec les marchés européens et le décalage de transmission
Ce reflux intervient après plusieurs semaines de tensions et un pic en juillet. Il reflète le repli des prix de gros sur le hub néerlandais TTF, référence européenne du gaz, en baisse d’environ 8 % entre la mi‑juin et la fin juin 2026 (source: ICE Endex). La répercussion dans les grilles françaises s’opère avec un décalage de quatre à six semaines, ce qui explique la correction visible en août sur les factures domestiques.
Un répit réel, mais un niveau toujours supérieur au début d’année
Malgré ce mouvement, le tarif à 0,12527 €/kWh TTC reste 4,3 % au‑dessus de la moyenne observée au premier trimestre 2026 (0,12008 €, d’après le ministère de la Transition énergétique). Autrement dit: le pic de juillet se résorbe partiellement, sans ramener le gaz à ses niveaux du début d’année. Pour un foyer type consommant 12 000 kWh/an (logement chauffé au gaz d’environ 100 m²), l’économie générée par la baisse d’août représente environ 2 € par mois, soit 27 € sur un an. Le poste fixe — l’abonnement B1 standard — demeure à 21,20 € par mois.
| Élément | Avant (juillet) | Au 1er août | Variation |
|---|---|---|---|
| Prix variable (TTC) | 0,12766 €/kWh | 0,12527 €/kWh | -1,9 % |
| Abonnement B1 | 21,20 €/mois | 21,20 €/mois | — |
| Économie pour 12 000 kWh | — | ~27 €/an | — |
Pourquoi juillet a marqué un record
Le niveau exceptionnel de juillet résulte d’une combinaison de facteurs conjoncturels. Des arrêts de maintenance sur plusieurs terminaux méthaniers européens, notamment à Zeebrugge (Belgique) et Dunkerque, ont restreint l’approvisionnement. Parallèlement, une vague de chaleur en Asie du Sud‑Est a stimulé la demande de GNL, tirant les prix vers le haut. Ce faisceau de contraintes a renforcé la tension sur les marchés de gros, avant le reflux constaté fin juin sur le TTF et son passage, avec délai, dans les barèmes français.
Facture des ménages: ce que cela change concrètement
- La baisse de 1,9 % agit uniquement sur la part variable; l’abonnement reste au même niveau.
- Le nouveau tarif à 0,12527 €/kWh TTC allège faiblement la facture: ~2 € par mois pour un usage de 12 000 kWh/an.
- Malgré le repli, le prix demeure 4,3 % au‑dessus de la moyenne du T1 2026, ce qui limite l’ampleur du soulagement.
Un environnement encore volatil
Le mouvement d’août illustre la mécanique de transmission des marchés européens vers la facture française: le TTF a reculé, la part variable suit, mais avec un retard temporel et sans toucher au forfait mensuel. Tant que les facteurs de tension — maintenance des infrastructures, arbitrages de cargaisons de GNL, météo — resteront présents, les grilles pourront connaître de nouveaux ajustements. Pour l’heure, le signal est légèrement baissier, mais l’atterrissage reste plus haut que les points bas du début d’année.