Une inflation "de plus en plus domestique"
L'Australie se distingue depuis quelques mois parmi les économies avancées par une inflation sous-jacente particulièrement élevée : le trimmed mean a atteint 3,6 % en glissement annuel en mai 2026, son niveau le plus élevé depuis septembre 2024. L'indice des prix à la consommation global a légèrement fléchi, à 4,0 % en mai contre 4,2 % en avril, mais reste nettement au-dessus de la fourchette cible de la Reserve Bank of Australia (RBA), comprise entre 2 % et 3 %.
La gouverneure de la banque centrale a résumé la situation en évoquant une inflation de plus en plus influencée par des facteurs nationaux :
« de plus en plus domestique »
Quel diagnostic ?
Plusieurs grandes composantes de la consommation montrent des hausses durables : le poste logement croît de 6,5 % sur un an, tandis que l'alimentation et les transports augmentent chacun de 3,3 %. Les économistes interrogés mettent en avant un ensemble de facteurs intérieurs : une croissance supérieure au potentiel, des contraintes de capacité et une productivité qui peine à redresser la tête.
Le rôle des dépenses publiques
Un point central du débat est l'augmentation significative des dépenses publiques depuis l'arrivée du gouvernement travailliste d'Anthony Albanese : en trois budgets, les dépenses supplémentaires sont chiffrées à 347 milliards de dollars, ce qui représente, selon le calcul relayé, l'équivalent de 33 000 dollars par foyer. Hors période pandémique, la part des dépenses publiques dans le PIB est à son plus haut niveau en près de 40 ans.
Réaction monétaire et calendrier
Face à cette persistance des prix, la RBA a relevé ses taux à trois reprises en 2026 (février, mars et mai) avant de suspendre ses hausses en juin. L'institution scrute désormais les prochains chiffres d'inflation : la publication du 24 juillet sera un élément clé pour déterminer si la pause sera prolongée ou si de nouvelles augmentations sont nécessaires.
Comparaison internationale et vulnérabilités
Des acteurs du marché, comme Vanguard, notent que l'Australie est entrée dans le choc énergétique actuel avec une inflation déjà supérieure à sa cible, ce qui la distingue d'autres marchés développés. Cette situation rend la conduite de la politique monétaire plus délicate : les autorités doivent peser un resserrement nécessaire pour ramener l'inflation envers la cible, sans étouffer une croissance qui reste, selon les estimations, supérieure au potentiel.
- Trimmed mean : 3,6 % (mai 2026)
- CPI : 4,0 % (mai 2026)
- Principales hausses : logement +6,5 %, alimentation +3,3 %, transports +3,3 %
- Dépenses publiques : +347 milliards de dollars en trois budgets (≈ 33 000 $/foyer)
- Actions de la RBA : trois hausses de taux en 2026, pause en juin
| Indicateur | Variation (annuelle) |
|---|---|
| Trimmed mean | 3,6 % |
| CPI global | 4,0 % |
| Logement | +6,5 % |
| Alimentation | +3,3 % |
| Transports | +3,3 % |
Au final, l'originalité de la situation australienne tient à la combinaison d'une inflation déjà élevée au niveau domestique et d'un choc énergétique mondial. Pour les autorités, la question est double : freiner l'inflation sans freiner durablement l'activité, et améliorer la résilience via des gains de productivité. Pour les ménages, la persistance de hausses sur le logement et l'alimentation signifie un pouvoir d'achat sous pression tant que l'inflation ne reviendra pas systématiquement dans la cible de la RBA.