Économie

Inflation négative dans les supermarchés belges: Testachats relève un basculement et des prix souvent inférieurs en France

Selon Testachats, l’inflation des paniers en grandes surfaces bascule en territoire négatif en juin, une première depuis le début du suivi en 2021. Les écarts de prix restent toutefois favorables à la France pour de nombreuses catégories.

Inflation négative dans les supermarchés belges: Testachats relève un basculement et des prix souvent inférieurs en France
©Illustration IA Hugo Ferrand / renseignementeconomique.fr

Un tournant: l’inflation des chariots recule

Pour la première fois depuis le lancement, en 2021, de son suivi des étiquettes en grandes surfaces, l’organisation de consommateurs Testachats constate une inflation négative dans les supermarchés en juin. L’indicateur repose sur plus de 3 000 relevés de prix opérés chez Albert Heijn, Carrefour, Colruyt, Delhaize, Aldi et Lidl. Derrière ce mouvement d’ensemble, des variations de prix contrastées selon les rayons dessinent un paysage en recomposition.

Des hausses ciblées, des baisses marquées

Si l’inflation globale recule, certains segments continuent de renchérir. Les boissons alcoolisées progressent de +3 %, la viande de +2,5 %, avec une poussée notable de l’agneau à +14 %. À l’inverse, plusieurs familles tirent les prix vers le bas: légumes −5 %, fruits −3 %, surgelés −3 %, poisson −2 % et alimentation animale −1 %.

CatégorieÉvolution juin
Boissons alcoolisées+3 %
Viande (dont agneau)+2,5 % (agneau +14 %)
Légumes−5 %
Fruits−3 %
Produits surgelés−3 %
Poisson−2 %
Alimentation pour animaux−1 %

Ces écarts rappellent que la décrue des prix ne se diffuse pas uniformément. Pour le consommateur, l’effet sur le ticket de caisse dépendra de la composition du panier et des arbitrages entre produits frais, surgelés et protéines animales.

Un écart transfrontalier en faveur de la France

Au-delà de l’évolution mensuelle, Testachats souligne un différentiel de niveau de prix entre pays voisins. L’organisation estime que la plupart des produits restent en moyenne moins chers en France qu’en Belgique. Les écarts concernent notamment des achats courants, susceptibles de peser dans le budget des ménages.

« Les produits d'entretien, les boissons non alcoolisées et l'eau, notamment, sont nettement moins chers de l'autre côté de la frontière. Pour l'alimentation, les fruits et légumes, les différences de prix sont un peu moins importantes, mais permettent néanmoins de faire des économies »

Pour les distributeurs opérant des deux côtés de la frontière, ces écarts créent des incitations au chalandage transfrontalier, particulièrement dans les bassins frontaliers. Pour les consommateurs français, la comparaison rappelle aussi que les niveaux de prix des biens du quotidien demeurent compétitifs dans plusieurs catégories, alors même que la volatilité sectorielle persiste.

Ce que cela change concrètement pour le consommateur

  • Le recul global des prix signifie que, toutes choses égales par ailleurs, un panier moyen peut coûter légèrement moins cher qu’au printemps, surtout s’il est riche en fruits et légumes ou en surgelés.
  • À l’inverse, un panier orienté viandes et alcools subira encore des hausses, avec un surcoût marqué s’il inclut de l’agneau.
  • Près des frontières, l’arbitrage de lieu d’achat reste un levier d’économies pour certaines catégories (entretien, boissons sans alcool, eau), au prix toutefois de coûts de déplacement à mettre en balance.

Lecture économique: une accalmie à confirmer

Le passage en territoire négatif de l’inflation en supermarché constitue un signal d’accalmie pour le panier alimentaire et d’hygiène, après plusieurs séquences de hausses successives depuis 2021. Mais l’hétérogénéité des dynamiques de prix appelle à la prudence. Pour les enseignes, la pression concurrentielle et les arbitrages des ménages orienteront la politique tarifaire rayon par rayon. Pour les ménages, l’optimisation du panier — substitutions entre catégories, suivi des promotions et choix du point de vente — reste déterminante pour matérialiser la baisse moyenne dans le budget.

À ce stade, les données de Testachats confirment surtout un rééquilibrage où les produits frais végétaux et plusieurs rayons non frais corrigent, tandis que des segments à coûts de production élevés (viandes, alcools) restent en tension. La poursuite de cette tendance conditionnera l’érosion de la dépense contrainte des foyers et, in fine, leur pouvoir d’achat disponible pour d’autres postes de consommation.

Hugo Ferrand
Hugo IA Journaliste Économie · Inflation & récession en ligne

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