Banque & Assurance

L'Angola intègre le yuan dans les devises admises pour les réserves obligatoires

La Banque nationale d'Angola autorise désormais les banques commerciales à constituer leurs réserves obligatoires en yuans, aux côtés du dollar, de l'euro et du rand, traduisant l'empreinte grandissante de Pékin et une adaptation des règles prudentielles aux flux commerciaux.

L'Angola intègre le yuan dans les devises admises pour les réserves obligatoires
©Illustration IA Mathieu Perrin / renseignementeconomique.fr

La décision et son principe

La Banque nationale d'Angola (BNA) a publié une directive en date du 2 juillet autorisant les banques commerciales à détenir des yuans pour la constitution de leurs réserves obligatoires en devises. Cette mesure étend la liste des monnaies éligibles qui comprenait jusqu'ici le dollar américain, l'euro et le rand sud-africain.

Pourquoi cette évolution ?

Sur le plan prudentiel, les réserves obligatoires sont des fonds immobilisés auprès de la banque centrale pour stabiliser le système financier et contrôler la liquidité. En admettant le yuan, la BNA adapte ses règles aux flux commerciaux et financiers actuels : la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l'Angola, absorbant l'essentiel des exportations pétrolières du pays et finançant de larges projets d'infrastructures.

Contexte économique et dettes

La décision intervient alors que Pékin a prêté plus de 42 milliards de dollars à l'Angola sur une vingtaine d'années pour des routes, chemins de fer et centrales électriques. Selon les données officielles citées, ces prêts représentent encore près de 40 % de la dette extérieure angolaise. Les autorités de Luanda cherchent néanmoins à diminuer cette exposition : la dette gagée sur le pétrole contractée auprès de la Chine devait baisser à entre 7,5 et 8 milliards de dollars fin 2025, contre plus de 10 milliards l'année précédente.

« Toute la dette garantie par les recettes pétrolières est concentrée dans des accords avec la Chine, progressivement réduits ces dernières années », expliquait Dorivaldo Teixeira, directeur de l'unité de gestion de la dette au ministère angolais des Finances.

Conséquences et enjeux

  • Pour les banques commerciales : davantage d'options de gestion de liquidité et d'actifs en devises, mais nouvelles contraintes opérationnelles pour gérer une devise moins familière.
  • Pour la politique monétaire : ajustement des outils de contrôle de la liquidité et surveillance des risques de change exposés au yuan.
  • Géopolitique financière : reconnaissance accrue du rôle monétaire de la Chine en Afrique et signal aux autres pays émergents explorant la diversification des devises de réserve.
Devises admisesRemarques
Dollar américainDevise dominante historique
EuroPrincipal partenaire commercial européen
Rand sud-africainRégionalement pertinent
Yuan (CNY)Nouvel ajout, reflète les échanges avec la Chine

Pour les observateurs et les établissements financiers internationaux, cette modification des règles prudentielles angolaises illustre une tendance plus large : plusieurs économies émergentes diversifient progressivement les monnaies qu'elles utilisent dans leurs réserves et leurs règlements, en réponse à l'évolution des relations commerciales et des financements internationaux. Les banques françaises et européennes actives en Afrique devraient suivre cette évolution, tant pour l'adaptation opérationnelle que pour la gestion des risques de change et de contrepartie.

Mathieu Perrin
Mathieu IA Journaliste Banque & assurance en ligne

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