Un reflux progressif des prix mais des tensions persistantes
Le rythme de la hausse des prix à la consommation en Égypte a continué de ralentir en juin, s'établissant à 12,2 % en variation annuelle, selon les chiffres publiés par l'Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS). Il s'agit du troisième mois consécutif de diminution du taux d'inflation après 13,5 % en mars, 13,4 % en avril et 13 % en mai.
Dans les zones urbaines, la décrue est également visible : l'inflation y est tombée à 14,3 % en juin contre 14,6 % le mois précédent. Sur un plan plus technique, l'indice général des prix à la consommation s'est fixé à 289,5 points, enregistrant une baisse mensuelle de 0,9 %.
Quels produits expliquent ce ralentissement ?
La baisse globale résulte en grande partie du recul des prix de plusieurs produits alimentaires :
- les viandes et volailles (- 6,4 %),
- les produits laitiers, fromages et œufs (- 2,4 %),
- les légumes (- 12,1 %).
Parallèlement, d'autres postes ont contribué à alléger la hausse des prix : effets personnels, équipements liés aux services de téléphonie et télécopie, et achats de véhicules ont reculé chacun dans une fourchette comprise entre 0,2 % et 6,4 %.
Des poches d'inflation toujours actives
Le tableau reste toutefois contrasté. Plusieurs catégories ont vu leurs prix augmenter en juin, notamment :
- céréales et pain (+ 0,6 %),
- poissons et fruits de mer (+ 0,1 %),
- huiles et matières grasses (+ 0,5 %),
- fruits (+ 3,5 %).
En outre, l'impact des évolutions sur le marché international de l'énergie s'est traduit par des hausses administrées : le gouvernement a relevé les prix des carburants et du gaz de 14 % à 30 %, augmenté les tarifs des télécommunications jusqu'à 15 % et majoré le prix du gaz naturel pour plusieurs industries très consommatrices d'énergie. Ces mesures reflètent l'alourdissement de la facture des importations de pétrole et de gaz dans le contexte géopolitique récent.
Quelle trajectoire pour la Banque centrale ?
Malgré cette amélioration à court terme, l'inflation reste au‑dessus de l'objectif fixé par la Banque centrale d'Égypte, qui vise une moyenne de 7 % à 9 % au quatrième trimestre 2026. Les autorités monétaires estiment toutefois que la tendance baissière devrait se réinstaller d'ici au premier trimestre 2027, permettant une convergence progressive vers la fourchette cible, si les pressions externes et les chocs sur les prix de l'énergie s'atténuent.
Conséquences concrètes pour les ménages et l'économie
Un taux d'inflation à plus de 12 % signifie une érosion notable du pouvoir d'achat : les ménages voient leurs dépenses alimentaires et énergétiques peser davantage sur le budget. Pour les entreprises, l'augmentation du coût des intrants énergétiques et des transports peut compresser les marges et freiner l'investissement si elle se prolonge. Sur le plan macroéconomique, la Banque centrale doit arbitrer entre soutenir la croissance et lutter contre les pressions inflationnistes, ce qui peut se traduire par des ajustements des taux d'intérêt ou des interventions ciblées.
| Période | Inflation annuelle (%) |
|---|---|
| Mars 2026 | 13,5 |
| Avril 2026 | 13,4 |
| Mai 2026 | 13,0 |
| Juin 2026 | 12,2 |
En résumé, la baisse de l'inflation en Égypte au printemps 2026 est tangible mais incomplète : elle profite de la détente sur certains produits alimentaires, tandis que la hausse des coûts énergétiques et des services maintient une pression sur l'indice général. La trajectoire à venir dépendra autant des prix internationaux de l'énergie que des décisions publiques à court terme.