Une croissance ralentie mais portée par la consommation et l'investissement lié à l'IA
Le produit intérieur brut des États-Unis a progressé à un rythme annualisé de 1,5 % au deuxième trimestre, selon l'estimation préliminaire publiée par le Bureau d'analyse économique (BEA). Cette lecture, inférieure aux attentes médianes des économistes interrogés par Reuters (2,1 %), traduit principalement l'effet d'un creusement du déficit commercial qui a pesé sur la croissance, même si la demande intérieure est restée robuste.
Les dépenses des ménages ont continué de soutenir l'activité, de même que les investissements des entreprises, notamment ceux associés au déploiement d'infrastructures d'intelligence artificielle (IA). Mais le rapport souligne aussi un recours accru au déstockage pour répondre à la vigueur de la demande, un signe que la dynamique pourrait manquer de souffle si les conditions externes se dégradent.
Facteurs conjoncturels et vulnérabilités
Plusieurs éléments interrogent néanmoins la tenue de la croissance pour la seconde moitié de l'année :
- la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran, qui crée un risque sur les prix de l'énergie et la confiance des marchés ;
- la fin des remboursements d'impôts extraordinaires accordés cette année, qui avaient stimulé temporairement la consommation ;
- un taux d'épargne au plus bas depuis quatre ans, laissant peu de marge pour que les ménages continuent à puiser dans leurs réserves.
« La croissance sous-jacente est solide, mais il est peu probable qu'elle se maintienne », a déclaré Oliver Allen, économiste senior chez Pantheon Macroeconomics.
Autrement dit, si la demande interne a permis d'absorber les chocs récents, l'absence de coussin financier chez les ménages et le retour d'un choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient pourraient transformer une croissance modérée en ralentissement plus marqué.
Écarts entre prévisions et fourchettes
La fourchette des prévisions pour ce trimestre allait de 0,8 % à 2,9 %, plusieurs économistes révisant à la baisse leurs modèles après la publication d'indicateurs avancés de juin montrant une variation du déficit commercial des biens et des stocks de détail peu changeante. Certains ajustements ont réduit les estimations de croissance d'environ 0,8 point de pourcentage.
| Item | Valeur |
|---|---|
| PIB (taux annualisé, T2 estimé) | +1,5 % |
| Prévision médiane des économistes | +2,1 % |
| Fourchette des estimations | 0,8 % – 2,9 % |
Conséquences pour la politique économique et les ménages
Pour les autorités monétaires, des données mêlées comme celles-ci compliquent la lecture : l'inflation importée via une hausse du pétrole ou un affaiblissement du dollar pourrait relancer les pressions sur les prix, tandis qu'un ralentissement durable de la croissance pèserait sur le marché du travail. Du côté des ménages, la fin des mesures fiscales exceptionnelles et la baisse des réserves d'épargne augmentent la sensibilité aux chocs—prix de l'essence en tête.
Au final, l'estimation préliminaire du BEA montre une économie encore capable de croître, mais dépendante d'appuis temporaires et exposée à des risques externes qui rendent l'évolution du second semestre incertaine.