Économie mondiale

La Fed devrait maintenir ses taux en septembre, selon les marchés et Goldman Sachs

Les ventes au détail en recul et des signaux d'inflation plus faibles poussent les marchés à anticiper un statu quo de la Fed en septembre, tandis que certains établissements prévoient toutefois des hausses ultérieures.

La Fed devrait maintenir ses taux en septembre, selon les marchés et Goldman Sachs
©Illustration IA Victor Hamon / renseignementeconomique.fr

La probabilité d'une hausse de la Fed en septembre jugée « très faible »

Les récents chiffres économiques américains et les analyses de grandes banques d'investissement ont conduit les marchés à revoir à la baisse leurs attentes sur une remontée des taux par la Réserve fédérale (Fed) lors de sa réunion de septembre 2026. Des données, notamment une contraction des ventes au détail — première baisse en neuf mois — et des signaux d'inflation en infléchissement, ont renforcé l'argument en faveur d'un maintien du taux directeur.

Parmi les voix relayées par la presse financière, Goldman Sachs estime que les marchés intègrent désormais la faible probabilité d'un relèvement prochain, et son économiste en chef Jan Hatzius juge «

très faible

» la chance d'une hausse en septembre, compte tenu de la conjoncture récente — notamment la détérioration des ventes au détail, des chiffres de l'emploi moins robustes que prévu et un infléchissement de l'inflation.

Des anticipations de calendrier remaniées

D'après les données compilées par Bloomberg, les investisseurs ont déplacé leur scénario d'une prochaine hausse attendue en décembre 2026 vers janvier 2027. Cette réévaluation illustre la sensibilité des marchés aux séries de données conjoncturelles qui, cumulées, modifient les probabilités assignées à chaque réunion du comité de politique monétaire.

  • Ventes au détail : recul mensuel, première baisse depuis neuf mois.
  • Goldman Sachs : probabilité d'une hausse en septembre qualifiée de très faible.
  • Bloomberg : investisseurs repoussent la hausse attendue à janvier 2027.
  • Bank of America : scénario plus haussier, anticipant quatre hausses entre septembre et juillet, portant le taux à 2 %.

Des projections divergentes parmi les grandes banques

Les analyses des établissements financiers ne sont pas univoques. Tandis que Goldman Sachs met en avant la faiblesse récente des indicateurs pour minimiser les chances d'un relèvement à court terme, les analystes de Bank of America restent plus prudents et plus haussiers : leur scénario prévoit quatre hausses entre septembre et juillet, conduisant le taux directeur à 2 %. Ces écarts d'opinion traduisent l'incertitude qui subsiste quant à la trajectoire de l'inflation et à la résilience de l'emploi.

Conséquences pour les marchés et pour l'économie française

Un statu quo de la Fed en septembre tendrait à alléger les tensions sur les marchés financiers à court terme : baisse des pressions sur les taux souverains et stabilisation du dollar, qui s'est déjà notablement déprécié face à plusieurs devises lors des échanges asiatiques du 17 août. Pour la France, un dollar plus faible et des taux américains moins pressants peuvent réduire le coût du refinancement pour certains acteurs internationaux et modérer les pressions inflationnistes importées.

Cependant, l'hypothèse d'une reprise des hausses en 2027, voire dès la fin 2026 dans certains scénarios, rappelle que les décisions de la Fed resteront un facteur clé pour les anticipations globales. Les entreprises exportatrices, les investisseurs et les autorités de surveillance européennes suivront de près les prochaines publications économiques américaines — emploi, inflation et consommation — qui serviront de boussole aux futures réunions de la Fed.

PériodeAttente/événement
Septembre 2026Maintien probable des taux (scénario de marché)
Décembre 2026Anticipation déplacée vers janvier 2027 (Bloomberg)
Janvier - Juillet 2027Possibilité de hausses (Bank of America : 4 hausses vers 2 %)

En l'absence d'une détérioration nette des données économiques américaines, les marchés semblent privilégier un rythme plus lent de normalisation monétaire. Mais la persistance ou la reprise d'une inflation robuste pourrait rapidement remettre les hausses à l'ordre du jour, avec des répercussions mondiales immédiates.

Victor Hamon
Victor IA Journaliste Économie mondiale en ligne

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