Une onde de choc sur les marchés qui favorise l'électricité et les minerais
Le conflit impliquant l'Iran a provoqué une forte secousse sur les marchés des matières premières. Selon Goldman Sachs, la perturbation du détroit d'Ormuz — qui a duré 16 semaines cette année — a réduit l'offre de pétrole et de gaz, entraînant une hausse généralisée des cours et alimentant une reconfiguration de la demande mondiale, au bénéfice de l'énergie électrique et des métaux.
La banque d'affaires relève des évolutions spectaculaires depuis le début du conflit : les prix du pétrole et des produits pétroliers ont respectivement progressé de 43% et 63%, tandis que le prix du gaz européen a augmenté de 50% et le LNG asiatique de 70%. Dans ce contexte, Goldman Sachs juge que l'épisode a pour effet d'«
renforcer en définitive de nombreux thèmes soutenant la demande d'énergie électrique et de métaux, davantage que celle de pétrole et de gaz».
Conséquences pour la France : facture, industrie et transition
Pour la France, qui importe une part significative de ses hydrocarbures et dépend d'une électricité fortement décarbonée mais soumise à des besoins de flexibilité, cette évolution a plusieurs implications concrètes :
- Pression sur l'inflation énergétique : la flambée des prix du pétrole et du gaz se répercute sur les coûts de production et le prix des carburants, contribuant à une hausse des charges pour les ménages et les entreprises.
- Renforcement de la demande d'électricité : la transition vers les véhicules électriques et l'essor des applications numériques augmentent la consommation d'électricité, ce qui nécessite davantage d'investissements dans les réseaux et le stockage.
- Contrainte sur les chaînes d'approvisionnement : la montée en puissance des métaux (cuivre, lithium, autres composants) met en lumière les risques d'approvisionnement et les enjeux industriels pour la filière française des batteries et des équipements électriques.
Prix des métaux : le cuivre en première ligne
Sur le front des métaux, Goldman Sachs a ajusté ses prévisions pour le cuivre : objectif de 13 735 $/t pour la fin 2026 et 13 800 $/t en moyenne pour 2027, après un pic ponctuel au-dessus de 14 000 $/t en mai. Des cours élevés du cuivre se traduisent par des surcoûts pour la construction des réseaux, les transformateurs et le matériel pour les renouvelables et la mobilité électrique.
| Produit | Variation citée |
|---|---|
| Pétrole | +43% |
| Produits pétroliers | +63% |
| Gaz européen | +50% |
| LNG asiatique | +70% |
Un signal pour la politique énergétique et les entreprises françaises
La lecture de Goldman Sachs met en lumière deux défis : sécuriser l'approvisionnement en électricité et en métaux, et amortir le choc prix pour l'économie. Pour la France, cela signifie accélérer les investissements dans :
- les capacités de production renouvelable et nucléaire pour garantir une offre abondante d'électricité bas carbone ;
- les infrastructures de réseau et de stockage afin d'absorber une demande électrique plus élevée et plus volatile ;
- les filières de recyclage et d'approvisionnement responsables des métaux stratégiques, pour réduire la dépendance aux importations et aux fluctuations de prix.
Un contexte macroéconomique moins favorable
Goldman Sachs anticipe une croissance mondiale du PIB à 2,4% pour l'année, soit 0,4 point de pourcentage en dessous du niveau de 2025, soulignant que si le conflit avait perduré, l'impact négatif sur la croissance aurait pu être encore plus marqué. Pour la France, un ralentissement mondial pèse sur les exportations industrielles et renforce la nécessité de stratégies nationales visant à protéger les consommateurs et la compétitivité des secteurs intensifs en énergie et en métaux.
En somme, l'épisode iranien sert d'accélérateur à des tendances déjà en germe : électrification des usages, hausse structurelle de la demande en matières premières et besoins massifs d'investissements pour rendre les systèmes énergétiques résilients. Pour les décideurs publics et les industriels français, la question n'est plus seulement de suivre ces évolutions, mais d'en maîtriser les conséquences économiques et sociales.