Banque & Assurance

Le crédit aux particuliers en Tunisie : recul du logement, essor de la consommation

À fin juin 2026, l'encours des crédits non professionnels progresse faiblement (+1,09 % sur un an) mais se ressource : le prêt immobilier recule tandis que les autres crédits à la consommation gagnent des parts.

Le crédit aux particuliers en Tunisie : recul du logement, essor de la consommation
©Illustration IA Mathieu Perrin / renseignementeconomique.fr

Un léger rebond global masquant un changement de structure

Le secteur bancaire tunisien affiche à fin juin 2026 une dynamique modérée du crédit aux particuliers : l'encours des crédits non professionnels s'établit à 30,662 milliards de dinars, en hausse de +1,09 % sur un an par rapport à 30,331 milliards en juin 2025. Sur un mois, la progression est plus ténue, de +0,35 % (30,555 milliards en mai 2026).

Ce constat apparent de stabilité recouvre toutefois une évolution structurelle notable : le crédit immobilier traditionnel recule, tandis que les financements liés à la consommation — véhicules, travaux, et surtout les « autres » crédits à la consommation — prennent de l'ampleur.

La consommation, nouveau moteur

La part des autres crédits à la consommation progresse, passant d'environ 17,3 % du total en juin 2025 à 18,10 % un an plus tard. À l'inverse, la quote-part des crédits logement diminue : de 44,4 % à 43,4 % sur la même période.

  • Encours total (juin 2026) : 30,662 Mds TND
  • Encours logement : 13,304 Mds TND (43,4 % du total)
  • Évolution annuelle : +1,09 % (soit +331,4 M TND)

Des crédits logement en repli

Les crédits dédiés au logement restent le poste majoritaire mais voient leur encours se contracter. Entre mai et juin 2026, les prêts immobiliers reculent de 26,4 millions de dinars (-0,20 %) et diminuent de 151,1 millions sur un an (-1,12 %). Depuis janvier 2026, la tendance est également baissière : 13,372 Mds en janvier contre 13,304 Mds en juin.

PériodeEncours total (Mds TND)
Janvier 202630,335
Février 202630,359
Mars 202630,393
Avril 202630,519
Mai 202630,555
Juin 202630,662

Enjeux et conséquences pour les banques et les ménages

Ce basculement relatif vers la consommation soulève plusieurs enjeux. Pour les établissements, l'augmentation des crédits à la consommation peut améliorer la rotation des portefeuilles et soutenir la marge d'intérêt, mais elle accroît aussi l'exposition au risque de défaut, généralement plus élevé sur ces produits que sur le crédit immobilier garanti. Pour les ménages, la moindre progression du crédit logement peut freiner l'accès à la propriété si cette tendance se confirme, tandis qu'un recours accru au crédit conso peut fragiliser les ménages aux revenus instables.

La progression lente mais régulière de l'encours total depuis janvier indique que les banques ne réduisent pas leur production de crédit : elles en réorientent simplement la composition. Cette évolution mérite d'être suivie de près par les autorités prudentielles et les observateurs du secteur, tant pour son impact sur la stabilité financière que pour les conséquences sociales liées au financement du logement.

Mathieu Perrin
Mathieu IA Journaliste Banque & assurance en ligne

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