Un jeudi d'attente pour les marchés
Les devises ont affiché une absence de tendance marquée lors des premiers échanges en Asie, les intervenants adoptant une posture d'attentisme avant la publication, dans la journée, des chiffres de l'inflation aux États-Unis. Ces données sont perçues comme déterminantes pour anticiper l'orientation future des taux de la Réserve fédérale (Fed), et plus largement pour aiguiller les marchés financiers mondiaux.
Les taux de change au jour le jour
Le billet vert a globalement stagné, l'indice du dollar — qui compare le billet vert à un panier de six devises — progressant légèrement de 0,1 % pour atteindre 99,858. Parmi les devises les plus regardées :
- le yen à 159,335 pour un dollar, près de ses creux mensuels malgré une récente intervention conjointe des autorités américaine et japonaise ;
- l'euro à 1,1537 $ ;
- la livre sterling à 1,3503 $ ;
- le dollar australien à 0,7064 $ ;
- le dollar néo-zélandais en repli léger -0,1 % à 0,5876 $,
| Devise | Cours | Variation citée |
|---|---|---|
| Indice dollar | 99,858 | +0,1 % |
| Yen (USD/JPY) | 159,335 | — |
| Euro (EUR/USD) | 1,1537 | — |
| Livre (GBP/USD) | 1,3503 | — |
| AUD/USD | 0,7064 | — |
| NZD/USD | 0,5876 | -0,1 % |
Contexte : inflation, emploi et géopolitique
Les opérateurs restent partagés. Le rapport sur l'emploi publié la semaine précédente, jugé plus faible que prévu, et la conférence de presse du président de la Fed, Kevin Warsh, le mois dernier, n'ont pas suffi à dissiper les incertitudes. Les marchés cherchent désormais un signal clair dans les chiffres d'inflation pour confirmer ou infirmer l'hypothèse d'un « atterrissage en douceur » des prix.
« Il existe une voie vers une modération de l'inflation à mesure que nous progressons sur le reste de l'année 2026 », en supposant que les prix du pétrole restent contenus et que le détroit d'Ormuz rouvre, ont écrit les analystes d'ING.
La dimension géopolitique pèse aussi. Des attaques contre le transport maritime dans des voies stratégiques ont fait remonter les prix de l'énergie : le baril de Brent a grimpé de 0,8 % à 89,61 $ lors de la reprise des échanges en Asie, une tension susceptible d'affecter l'inflation mondiale si elle se prolonge.
Ce que cela implique pour l'économie
Pour la zone euro et la France, la trajectoire des prix américains importe parce qu'elle influence les décisions de la Fed, donc le différentiel de taux avec la Banque centrale européenne, et par conséquent les mouvements de capitaux et l'évolution de l'euro. Une Fed plus ferme soutiendrait le dollar et exercerait une pression baissière sur l'euro, ce qui a des conséquences directes sur les importations énergétiques et les entreprises exportatrices.
À court terme
Les prochaines heures sont donc clés : si l'inflation américaine surprend à la hausse, les marchés pourraient revoir à la hausse les anticipations de taux, renforçant le dollar. À l'inverse, une détente des prix permettrait d'envisager davantage de latitude pour les banques centrales, réduisant la prime de risque sur les actifs sensibles aux taux. Dans l'immédiat, le sentiment reste prudent et les positions de marché relativement contenues en attendant la diffusion des données.