Un nouveau décaissement conditionné aux réformes
Le Fonds monétaire international (FMI) a autorisé un versement additionnel de 1,7 milliard de dollars au profit de l’Égypte, portant à 7,3 milliards $ le total déjà versé dans le cadre des accords en cours avec Le Caire. Le montant correspond à l’achèvement combiné de la 7ᵉ revue du mécanisme élargi de crédit (MEDC) et de la 2ᵉ revue de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Dans le détail, 1,5 milliard $ sont alloués au titre du MEDC et 272 millions $ au titre de la FRD, selon le communiqué publié le 30 juillet par l’institution. Le FMI relève des progrès macroéconomiques récents mais conditionne ce soutien à la poursuite d’un programme de réformes structurelles visant à consolider la résilience financière du pays.
« l’impact économique de la guerre au Moyen-Orient sur l’économie égyptienne est resté relativement limité, grâce aux mesures politiques prises en temps opportun et de manière décisive par les autorités, notamment la flexibilité du taux de change, les ajustements des prix de l’énergie et les mesures visant à maîtriser les dépenses budgétaires »
Des indicateurs en amélioration mais des risques non négligeables
Le FMI souligne des signes favorables : la croissance du PIB réel a atteint 5 % au troisième trimestre de l’exercice 2025/26, et la croissance sur les neuf premiers mois s’établit à 5,2 %, contre 3,9 % un an auparavant. L’inflation globale a reculé, passant à 14,3 % en juin 2026, contre 15,2 % en mars 2026.
Cependant, l’institution met en garde : la dette publique demeure élevée et les besoins de financement importants. Elle identifie également la possibilité qu’une nouvelle escalade des tensions régionales renforce les pressions inflationnistes mondiales, durcisse les conditions financières et pèse sur les finances publiques égyptiennes.
Prescription du FMI : rigueur budgétaire et privatisations
Pour réduire ces vulnérabilités, le FMI insiste sur la nécessité d’une gestion budgétaire stricte et sur l’accélération des réformes structurelles. L’institution recommande notamment la mise en œuvre du désengagement de l’État de certains secteurs et le lancement d’un programme de privatisations « décisif » afin de préserver la stabilité macroéconomique et renforcer la résilience du pays.
- Montant du décaissement : 1,7 milliard $ (1,5 Md$ MEDC + 272 M$ FRD)
- Montants déjà versés : 7,3 milliards $ au total
- Croissance : PIB réel à 5 % au T3 2025/26
- Inflation : 14,3 % en juin 2026
Conséquences pour l’économie régionale et les finances internationales
Pour la sphère économique européenne et les investisseurs, le maintien d’un programme soutenu du FMI réduit le risque d’un effondrement soudain de la demande intérieure égyptienne susceptible d’impacter les marchés émergents et les flux commerciaux régionaux. Néanmoins, la trajectoire de redressement reste fragile : la réussite du plan dépendra de la capacité des autorités égyptiennes à mener des réformes structurelles potentiellement politiquement sensibles (ajustements du rôle de l’État, privatisations) tout en protégeant les populations vulnérables.
Enfin, le FMI anticipe pour l’exercice budgétaire 2026/27 une croissance autour de 4,4 % et une inflation ramenée à environ 6,7 % — projections qui restent tributaires du contexte régional et des conditions de financement international.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Décaissement FMI | 1,7 milliard $ |
| Montant MEDC | 1,5 milliard $ |
| Montant FRD | 272 millions $ |
| Croissance (T3 2025/26) | 5 % |
| Inflation (juin 2026) | 14,3 % |
La décision du FMI illustre le délicat arbitrage entre soutien financier et exigences de réformes. Pour les observateurs européens, la priorité reste d’apprécier si Le Caire mettra en œuvre les mesures structurelles nécessaires pour transformer cet appui en trajectoire soutenable et inclusive.