Un quarter de croissance plus faible, mais des services résistants
Le Royaume‑Uni a vu son PIB croître de 0,4% au deuxième trimestre, selon la première estimation publiée par l'Office national des statistiques (ONS). Ce rythme est en retrait par rapport au +0,6% du premier trimestre, mais reste en ligne avec les prévisions des économistes. Le ralentissement ravive les inquiétudes sur la dynamique du pouvoir d'achat et la vulnérabilité de l'économie aux tensions sur les prix des hydrocarbures.
Les statistiques mensuelles incluent une progression de 0,3% en juin après une stabilité en mai et une légère baisse en avril. L'ONS souligne que les services demeurent le principal moteur de la croissance, contribuant à limiter la décélération générale.
Contexte politique : pression sur le nouveau Premier ministre
Le ralentissement intervient peu après l'entrée en fonction du nouveau Premier ministre travailliste, Andy Burnham, qui a fait du renforcement du pouvoir d'achat une priorité. Des mesures de court terme ont été annoncées dès son arrivée : baisse de certaines taxes énergétiques, plafonnement des tarifs de bus et réductions fiscales pour les établissements comme les pubs.
Le ministre des Finances, John Healey, a mis en garde sur les effets du conflit au Moyen‑Orient, qui fait remonter les prix de l'énergie et alimente des craintes inflationnistes. Il a déclaré que la hausse du coût de la vie pèse sur les ménages et, en retour, sur les entreprises britanniques.
"Je sais que les gens sont inquiets de l'impact du conflit au Moyen‑Orient sur le coût de la vie, qui est trop élevé depuis trop longtemps"
Inflation et risques liés au pétrole
L'inflation au Royaume‑Uni a diminué à 2,6% en juin, un niveau nettement inférieur aux pics récents mais qui pourrait être remis en cause par la flambée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen‑Orient. Les économistes estiment que cette accalmie pourrait n'être que temporaire si les tensions géopolitiques prolongent la hausse des coûts des hydrocarbures.
Conséquences économiques concrètes
- Un rythme de croissance inférieur rend plus délicate la restauration durable du pouvoir d'achat des ménages britanniques.
- Des ménages qui restreignent leurs dépenses pèsent sur le chiffre d'affaires des entreprises de services, fragilisant l'emploi et les perspectives d'investissement.
- La sensibilité aux prix de l'énergie augmente les risques d'une résurgence inflationniste, ce qui complique la politique macroéconomique du gouvernement.
Les chiffres en bref
| Période | Variation du PIB |
|---|---|
| T1 | +0,6% |
| T2 (estimation) | +0,4% |
| Juin (mensuel) | +0,3% |
| Inflation (juin) | 2,6% |
Pour les décideurs, l'enjeu est double : soutenir le pouvoir d'achat sans relancer une dynamique inflationniste, tout en préservant la confiance des entreprises. La fragilité demeure, car une hausse prolongée des prix de l'énergie pourrait rapidement renverser la tendance à la baisse de l'inflation observée ces derniers mois.
Sur le plan européen, un ralentissement britannique modéré pèse sur les perspectives de croissance régionales via les échanges et les investissements, mais l'impact dépendra de l'évolution des prix du pétrole et des réponses budgétaires et monétaires du Royaume‑Uni. Les prochains mois seront déterminants pour juger de la solidité de la reprise et de l'efficacité des mesures ciblées sur le pouvoir d'achat.