Un bilan applaudi mais jugé insuffisant
Le Secrétaire général et Président To Lam a ouvert la conférence gouvernementale en ligne avec les collectivités locales en saluant les résultats économiques des six premiers mois de l'année, mais en rappelant que ces chiffres constituent seulement « une base » pour viser des ambitions plus élevées. Le rythme actuel, bien que robuste, ne suffit pas pour tenir les objectifs fixés par le plan national.
Des objectifs chiffrés qui posent problème
Le pays a enregistré une croissance de +8,18% au premier semestre. Ce résultat est qualifié de « louable », mais il reste en deçà de l'objectif semestriel de 9,7%. Pour atteindre la trajectoire annuelle ambitieuse définie par les autorités, il faudrait désormais enregistrer une progression de 11,9% au cours des six derniers mois — un saut qui illustre la difficulté de maintenir une dynamique déjà élevée.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Croissance 1er semestre | 8,18% |
| Objectif 1er semestre | 9,7% |
| Croissance nécessaire S2 pour objectif annuel | 11,9% |
Des freins d'exécution dénoncés
La conférence met en lumière des goulots d'étranglement concrets. Parmi eux :
- le décaissement lent des investissements publics ;
- la mise en œuvre retardée de projets d'infrastructures stratégiques et de programmes nationaux ciblés ;
- l'exécution insuffisante de certains projets clés qui pèsent sur la capacité à soutenir la demande interne.
Ces blocages traduisent un écart entre décisions politiques et capacité d'exécution administrative et financière au niveau local.
Qualité de la croissance et inégalités territoriales
Au-delà du chiffre global, le message insiste sur la nécessité d'améliorer la qualité de la croissance : ses retombées sur l'emploi, les revenus et le niveau de vie. Les autorités relèvent que la progression n'est pas uniformément répartie : 25 des 34 localités ont affiché une croissance inférieure à l'objectif semestriel. Cette hétérogénéité soulève des préoccupations sur la soutenabilité sociale et la vigueur du marché intérieur.
Investir dans l'innovation reste une priorité non tenue
Un autre point d'alerte concerne l'effort budgétaire en faveur de la transformation économique : les dépenses consacrées à la science, à la technologie, à l'innovation et à la transformation numérique représenteraient seulement environ 10% du capital total alloué. Pour les dirigeants, renforcer ces parts est essentiel afin d'augmenter la résilience et la compétitivité de l'économie sur le moyen terme.
Vers une gouvernance fondée sur des données
« Le système statistique doit s'appuyer sur ‘chiffres concrets, des chiffres qui parlent d'eux-mêmes’ »,
insiste le Secrétaire général et Président. L'idée est claire : la modernisation de la gouvernance passe par des indicateurs fiables et détaillés, qui permettent d'identifier précisément les points de blocage et d'orienter des décisions plus ciblées.
Conséquences et pistes d'action
Le constat formulé à la conférence a des implications directes pour la politique économique vietnamienne. Pour rapprocher le pays de ses objectifs, il faudra, sans se contenter d'augmenter le chiffre global :
- accélérer les décaissements et lever les freins administratifs aux projets publics ;
- réorienter des ressources vers l'innovation et la transformation numérique ;
- mettre en place des mécanismes ciblés pour réduire les disparités régionales et amplifier la demande intérieure.
La période à venir sera un test de capacité d'exécution : transformer une croissance déjà forte en améliorations tangibles pour l'emploi et le niveau de vie exigera des mesures accélérées et une meilleure coordination entre les échelons nationaux et locaux.