Un rendement moyen préservé par le recours aux provisions
Le dernier bilan de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) confirme que les fonds en euros de l'assurance‑vie ont affiché une rémunération moyenne de 2,63 % net en 2025. Ce niveau, loin d'être anecdotique, s'explique en grande partie par le recours continu des compagnies aux mécanismes de lissage et aux réserves constituées les années précédentes.
Des mécanismes de soutien visibles
Selon l'ACPR, la provision pour participation aux bénéfices (PPB) représentait toujours environ 4 % des encours à la clôture de l'exercice 2025. Ces réserves ont permis aux assureurs de maintenir la revalorisation des fonds en euros malgré la pression sur les taux, au prix toutefois d'une utilisation progressive de ces matelas.
- Rendement moyen des fonds euros : 2,63 % net
- Performance moyenne des unités de compte : 4,7 % nette
- PPB : ~4 % des encours
- Collecte nette 2025 : 50,6 milliards d'euros
Des disparités marquées entre acteurs
La moyenne masque d'importantes différences : certaines mutuelles et gestionnaires spécialisés ont publié des rendements pour leurs fonds en euros allant, selon l'ACPR, de 3,50 % à 4,10 %. Ces performances, supérieures à la moyenne, montrent que la qualité de la gestion et la composition des actifs restent déterminantes pour la rémunération effective des assurés.
Comparaison avec l'épargne réglementée et les unités de compte
Sur le front des arbitrages, l'assurance‑vie en fonds euros continue de surclasser l'épargne réglementée : le Livret A et le LDDS, après avoir affiché une rémunération moyenne de 2,2 %, ont vu leur taux ramené à 1,5 % en février 2026. En parallèle, les unités de compte, plus exposées aux marchés, ont délivré une performance nette moyenne de 4,7 %, attirant une part croissante de l'épargne.
| Support | Rendement moyen (net) |
|---|---|
| Fonds en euros (assurance‑vie) | 2,63 % |
| Unités de compte (moyenne) | 4,7 % |
| Livret A / LDDS (févr. 2026) | 1,5 % |
Conséquences pour l'épargnant et pour le marché
Plusieurs enseignements se dégagent. D'une part, la solidité apparente des fonds en euros dépend encore du stock de réserves disponibles : si la PPB reste conséquente aujourd'hui, son usage répété pourrait réduire la marge de manœuvre des assureurs à l'avenir. D'autre part, la collecte nette exceptionnelle observée en 2025 (50,6 milliards d'euros) témoigne d'une appétence des Français pour des supports perçus comme sûrs, mais cela exerce aussi une pression sur la capacité des gestionnaires à générer des rendements élevés sans augmenter le risque.
Enfin, la coexistence de fonds en euros encore attractifs et d'unités de compte plus rémunératrices pose la question des arbitrages en fonction des horizons et du profil des épargnants : protection du capital versus recherche de performance. Les différences de performances entre acteurs rendent d'autant plus pertinente la comparaison des contrats et des fonds proposés.
Pour les épargnants, l'équation reste inchangée : peser la priorité entre sécurité et rendement, vérifier les modalités de participation aux bénéfices et examiner la solidité des réserves qui sous-tendent les revalorisations.