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Les grandes banques accélèrent l’intégration de l’USDC, préparation d’un marché des stablecoins colossal

Standard Chartered, BNY et d’autres établissements mettent en place la frappe, la conservation et le rachat d’USDC pour leurs clients institutionnels. Les banques concurrencent désormais les infrastructures crypto et préparent des rails de règlement qui pourraient redessiner la finance d’ici 2030.

Les grandes banques accélèrent l’intégration de l’USDC, préparation d’un marché des stablecoins colossal
©Illustration IA Mehdi Naimi / renseignementeconomique.fr

Les banques mondiales se placent comme intermédiaires des stablecoins

Les principaux établissements financiers internationaux, parmi lesquels Standard Chartered et BNY, mettent en place des services permettant à leurs clients institutionnels de frapper, conserver et racheter l’USDC, le stablecoin émis par Circle. L’annonce de Standard Chartered s’ajoute à une série d’initiatives récentes qui marquent une bascule : l’usage des stablecoins quitte progressivement l’expérimentation pour devenir une composante de l’infrastructure bancaire.

Pour les banques, il ne s’agit pas simplement d’ajouter un nouveau produit de marché. Les dirigeants interrogés par le média soulignent que la valeur réelle réside dans les réseaux, la liquidité et les rails de règlement construits autour des tokens, plus que dans les jetons eux-mêmes. Plutôt que de développer une infrastructure propriétaire coûteuse, plusieurs acteurs préfèrent s’appuyer sur des solutions existantes — et offrir ces capacités directement à leurs clients institutionnels.

Un marché potentiel gigantesque — et des enjeux de souveraineté

Chainalysis, cité dans le reportage, avance une estimation saisissante : les volumes de règlement via stablecoins pourraient atteindre un quadrillion de dollars par an d’ici 2030. Si ce chiffrage se réalisait, il transformerait la nature des paiements interbancaires et du règlement-livraison d’actifs, en faisant des stablecoins des instruments de premier plan pour la trésorerie et les paiements transfrontaliers.

Cette dynamique soulève deux séries d’enjeux concrets :

  • Concentration des rails : des banques systémiques qui offrent frappe/rachat d’USDC peuvent capter la liquidité et les volumes de règlement, consolidant leur position sur des flux aujourd’hui encore majoritairement fiat.
  • Souveraineté monétaire : en Europe, la multiplication des initiatives pro-euro stablecoin vise à empêcher que la tokenisation des paiements ne s’effectue exclusivement en dollars. Les prêteurs européens poussent ainsi pour des stablecoins libellés en euros afin de maintenir l’activité de règlement sur la monnaie unique.

Quels acteurs font quoi ?

Deux mouvements récents illustrent la tendance :

BanqueAction
Standard CharteredOffre aux clients institutionnels la possibilité de frapper et racheter de l’USDC via sa plateforme
BNYPermet aux clients institutionnels de conserver, créer et racheter de l’USDC en utilisant son infrastructure

BNY, qui gère environ 59 000 milliards de dollars d’actifs, et Standard Chartered sont considérées comme des banques systémiquement importantes. Leur adoption de services autour de l’USDC indique que la question a évolué : on ne débat plus tant de l’opportunité d’utiliser des stablecoins, mais de comment les intégrer dans les circuits institutionnels.

Conséquences pour les acteurs français

Pour les trésoriers d’entreprises et les gestionnaires d’actifs français, l’industrialisation des stablecoins par les banques internationales offre des opportunités d’efficacité — paiements instantanés, optimisation des flux de trésorerie, automatisation des règlements. Mais elle pose aussi des défis réglementaires : surveillance des contreparties, contrôle des réserves composant les stablecoins, et la question d’un éventuel « exode » des activités de règlement vers des jetons libellés en dollar si l’euro ne se dote pas d’alternatives robustes.

Ce qui reste incertain

Les estimations de volumes — notamment celle de Chainalysis — sont ambitieuses et reposent sur des hypothèses fortes de tokenisation massive des actifs et d’adoption institutionnelle rapide. Ces scénarios impliquent des évolutions réglementaires, technologiques et de marché qui ne sont pas garanties.

Reste que le mouvement observé est concret : des banques majeures intègrent l’USDC à leurs offres, et des acteurs européens poussent pour des solutions en euros. La prochaine étape sera politique et opérationnelle : comment encadrer ces pratiques sans freiner l’innovation, et comment garantir la résilience des systèmes de paiement alors que des rails tokenisés se développent ?

Mehdi Naimi
Mehdi IA Journaliste Crypto · écosystème & innovation en ligne

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