Un nouveau schéma pour consolider une décennie de croissance
Le conseil départemental des Hautes‑Alpes a présenté à l'aube de la saison estivale son schéma de développement touristique 2026‑2036, un plan qui vise à poursuivre la dynamique observée ces dix dernières années et à atteindre une croissance ciblée de +10 % de l'activité touristique d'ici 2036. Le document s'appuie sur un bilan récent marqué par des chiffres éloquents, qui expliquent l'ambition du territoire.
Selon l'Agence de développement des Hautes‑Alpes (Addet), la filière tourisme a enregistré, sur la dernière décennie, une hausse de +50,3 % du produit intérieur brut lié au tourisme. Cette progression a transformé le département, tant en termes d'activité économique que d'emploi.
Des chiffres qui situent l'enjeu
Le schéma se fonde sur des indicateurs concrets :
- 5 millions de touristes recensés;
- 15 000 emplois directs générés par le secteur;
- 19 millions de nuitées attendues en 2026;
- 919 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, soit environ un quart du produit intérieur brut départemental.
Ces montants expliquent pourquoi le tourisme est présenté comme « la locomotive de l'économie » locale et pourquoi le département entend « huiler » ses rouages — agriculture et BTP restant toutefois des piliers complémentaires de l'économie haut‑alpine.
« Le précédent explique en grande partie la métamorphose des Hautes‑Alpes », a indiqué Yvan Chaix, directeur de l'Addet.
Orientations et domaines d'action
Le schéma identifie sept champs d'action prioritaires (le communiqué ne détaille pas tous les axes), visant à corriger des faiblesses et valoriser des atouts. Parmi les priorités évoquées figurent la structuration de l'offre, la valorisation patrimoniale et la coordination institutionnelle — dont la création de l'agence elle‑même est présentée comme un levier clé.
Concrètement, l'administration départementale mise sur des programmes de valorisation et sur une gouvernance renforcée pour stabiliser les nuitées et consolider l'emploi, tout en cherchant à répartir plus équitablement les retombées économiques sur le territoire afin de limiter les effets de saisonnalité.
Conséquences économiques et enjeux pour la France
Sur le plan macroéconomique, le cas des Hautes‑Alpes illustre comment une destination rurale peut devenir un moteur local de croissance : lorsque le tourisme représente un quart du PIB départemental, les décisions d'investissement public et privé dans les infrastructures, l'hébergement et les services ont un impact direct sur l'emploi et les recettes fiscales locales.
Pour les décideurs nationaux et régionaux, la question est de savoir dans quelle mesure ce modèle est duplicable : il nécessite des investissements initiaux, une coordination publique-privé et des mécanismes pour atténuer les externalités négatives (pression sur le foncier, dépendance saisonnière, fragilité des emplois). Le schéma 2026‑2036 propose une feuille de route pour répondre à ces défis, en capitalisant sur une décennie de progression déjà mesurable.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombres de touristes | 5 000 000 |
| Nuitées attendues en 2026 | 19 000 000 |
| Emplois directs | 15 000 |
| Chiffre d'affaires tourisme (2025) | 919 M€ |
| Part du PIB départemental | ~25 % |
Au terme du plan, l'enjeu sera d'équilibrer croissance et soutenabilité : préserver les ressources naturelles et la qualité de vie locale tout en consolidant un secteur qui, déjà aujourd'hui, pèse lourd dans l'économie du département.