Les données provisoires publiées par Eurostat le 23 juillet montrent un accroissement notable de la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie du Luxembourg en 2025. Après 14,7% en 2024, le pays atteint désormais 20,2% — un bond de 5,5 points qui contraste avec la hausse d'environ 1 point observée pour l'ensemble de l'Union européenne, où la part des renouvelables ressort à 26,2%.
Un progrès significatif mais insuffisant
Sur le papier, la progression luxembourgeoise est impressionnante en rythme annuel. Elle reste toutefois en-deçà de la moyenne européenne et très éloignée de l'objectif fixé par l'UE pour 2030. Selon Eurostat, pour atteindre la cible communautaire de 42,5%, il faudrait enregistrer une augmentation annuelle moyenne de 3,3 points entre 2026 et 2030 — rythme que peu d'États, si tant est aucun, peuvent maintenir facilement.
«Il reste toutefois des progrès à accomplir, car l'objectif de l'UE en matière d'énergies renouvelables pour 2030 est fixé à 42,5%»
Le Luxembourg fait aussi face à un défi spécifique : son objectif national inscrit dans le Plan national pour l'énergie et le climat (PNEC) est de 37%, seuil lui aussi encore loin. Eurostat note par ailleurs que les chiffres publiés ne discriminent pas toujours clairement l'origine nationale de l'augmentation — part de la production locale, variation de la consommation finale ou recours à des crédits obtenus via des mécanismes de coopération avec d'autres États.
La structure de la production électrique
La part des renouvelables dans la consommation brute d'électricité du Luxembourg reste modeste : 23,3% en 2025, soit moins de la moitié de la moyenne européenne (49,9%). Seules Malte et la Tchéquie font pire en 2025, tandis que des pays comme l'Autriche, la Suède ou le Danemark produisent plus des trois quarts de leur électricité à partir de sources renouvelables.
- Raisons géographiques : le Luxembourg dispose de peu de surfaces et de ressources naturelles comparé à des pays à forte hydraulique ou éolien.
- Rôle du photovoltaïque : la production nationale d'électricité a beaucoup augmenté en 2025, avec le photovoltaïque en tête des nouvelles capacités.
- Mécanismes européens : les coopérations et crédits transfrontaliers peuvent gonfler la part déclarée de renouvelables sans qu'elle provienne intégralement du territoire luxembourgeois.
Chiffres comparatifs
| Pays / Indicatif | Part renouvelables 2025 |
|---|---|
| Luxembourg | 20,2% |
| Union européenne (moyenne) | 26,2% |
| Suède | 65,4% |
| Finlande | 53% |
| Danemark | 48,2% |
| Objectif UE 2030 | 42,5% |
| Objectif PNEC Luxembourg | 37% |
Concrètement, pour les décideurs luxembourgeois et leurs partenaires européens, la question est double : accélérer la mise en place d'installations renouvelables sur le territoire (notamment solaire, étant donné la hausse déjà constatée), et définir clairement la part de progrès imputable à la production nationale vs. aux mécanismes d'échange. Pour les consommateurs et les entreprises, la trajectoire aura un impact sur le mix électrique, les prix et la sécurité d'approvisionnement à moyen terme.
Sur le plan européen, ces résultats rappellent que la transition ne s'opère pas de manière homogène : la géographie, le volume de ressources naturelles disponibles et le déploiement politique et industriel déterminent des rythmes très différents. Le Luxembourg a réalisé une progression notable en 2025, mais le chemin pour atteindre les objectifs 2030 reste conséquent.