Un objectif ambitieux porté par plusieurs nouveaux moteurs, mais soumis à des risques significatifs
Lors de la réunion gouvernementale ordinaire de juin et de la conférence en ligne du 4 juillet avec les collectivités locales, les ministères vietnamiens ont présenté une série de propositions destinées à permettre au pays d'atteindre une croissance économique à deux chiffres en 2026. Les interventions ont souligné que le pays dispose de plusieurs nouveaux moteurs de croissance — ouverture économique, dynamique du commerce extérieur, reprise de la consommation et des services, développement de l'économie et de la finance numériques — tout en rappelant que ces opportunités cohabitent avec des risques macroéconomiques réels.
Le ministre des Affaires étrangères, Le Hoai Trung, a rappelé que l'essor des secteurs numériques et l'amélioration du climat des affaires constituent des leviers importants. Mais il a aussi mis en garde contre des pressions inflationnistes et sur le taux de change, un risque de déficit budgétaire élevé et une concurrence internationale renforcée pour attirer les investissements directs étrangers (IDE) au moment où les flux de capitaux mondiaux évoluent.
Des propositions pour lever les principaux obstacles
Les ministères ont ciblé des freins concrets à la croissance. Le ministre de la Construction, Tran Hong Minh, a pointé la planification comme l'un des principaux obstacles au développement des projets urbains et d'infrastructures. Selon ses observations, l'ajustement des plans d'aménagement général et des plans d'urbanisme au niveau local constitue une étape clé pour accélérer la mise en œuvre des projets et débloquer l'investissement public et privé.
- Accélération des ajustements de plans urbains pour lever les blocages fonciers et administratifs.
- Soutien ciblé à l'économie numérique et à la finance digitale pour renforcer la productivité et créer de nouveaux débouchés.
- Mesures de stabilisation macroéconomique visant à contenir l'inflation et à prévenir un creusement du déficit budgétaire.
- Actions pour préserver l'attractivité vis‑à‑vis des IDE dans un contexte de compétition mondiale pour les capitaux.
Contexte international et contraintes externes
Les services économiques ont souligné que l'environnement financier, commercial et des chaînes d'approvisionnement restera « complexe » à court et moyen terme, ce qui peut peser sur les perspectives de croissance. Dans ce cadre, la capacité du pays à maintenir un climat d'investissement attractif tout en maîtrisant les risques domestiques (inflation, déficit) est présentée comme décisive pour transformer les opportunités en croissance soutenue.
Conséquences attendues et priorités opérationnelles
Si les propositions ministérielles sont mises en œuvre, elles visent à :
- accélérer la réalisation des projets d'infrastructures et urbains en réduisant les délais liés à la planification ;
- renforcer le rôle du numérique et de la finance digitale comme moteurs de productivité et d'innovation ;
- stabiliser les fondamentaux macroéconomiques pour rassurer investisseurs domestiques et étrangers.
La mise en pratique de ces orientations nécessitera une coordination étroite entre l'Etat central et les collectivités locales, ainsi qu'une vigilance macroéconomique pour gérer les risques identifiés. Sans garanties sur la maîtrise des pressions inflationnistes et budgétaires, l'objectif d'une croissance à deux chiffres restera délicat à atteindre, même si les leviers structurels existent et sont activés.
Tableau synthétique : opportunités vs risques
| Opportunités | Risques |
|---|---|
| Ouverture continue de l'économie; reprise consommation et services; développement économie numérique | Pressions inflationnistes et sur le change; risque de déficit budgétaire élevé; concurrence accrue pour les IDE |
Au-delà des annonces, l'enjeu sera de traduire ces propositions en actes concrets et rapides, notamment sur la planification urbaine et la libération des projets d'investissement, afin que les nouveaux moteurs évoqués se traduisent réellement en croissance durable.