Un marché dominé par le mobile money
3,74 milliards de transactions ont été réalisées en 2024 en zone CEMAC, selon le dernier rapport de la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC). Cette volumétrie illustre l’ampleur de la bascule vers les moyens de paiement électroniques : près de 95 % des échanges se font désormais en monnaie électronique.
Des flux financiers considérables
Le rapport de la BEAC souligne aussi l’importance des montants traités : la valeur cumulée des opérations atteint environ 32 000 milliards de francs CFA. Ces chiffres confirment que le mobile money n’est plus un service marginal, mais la colonne vertébrale des paiements de détail dans plusieurs économies d’Afrique centrale.
Un régulateur à l’offensive
Face à cette domination, le régulateur de la CEMAC a lancé une mission destinée à « assainir » le secteur du paiement électronique et à bâtir un cadre réglementaire inédit. L’objectif affiché est double : renforcer le contrôle des acteurs et limiter les risques opérationnels et financiers liés à la croissance rapide des services de paiement mobile.
- Volume : 3,74 milliards de transactions en 2024.
- Part de marché : environ 95 % des paiements en monnaie électronique.
- Valeur traitée : ~32 000 milliards de francs CFA au total.
Conséquences pour les fintechs et les opérateurs
La montée en puissance du mobile money redessine les équilibres entre opérateurs télécoms, institutions financières traditionnelles et startups locales. Un encadrement plus strict pourrait se traduire par des exigences accrues en matière de sécurité, de transparence des flux et de protection des utilisateurs — autant de paramètres qui pèsent sur la rentabilité des modèles existants et sur la capacité d’innovation des nouveaux entrants.
Enjeux pour les partenaires internationaux
Pour les banques et prestataires étrangers présents ou intéressés par la CEMAC, la perspective d’un cadre réglementaire rénové nécessite une réévaluation des offres et des partenariats. Le resserrement du contrôle peut favoriser une meilleure intégration des services de paiement dans les systèmes financiers formels, tout en imposant des contraintes opérationnelles supplémentaires.
Que reste-t-il à clarifier ?
Le rapport de la BEAC livre des données quantitatives robustes, mais les contours précis du futur dispositif réglementaire — calendrier, obligations procédurales, mécanismes de supervision — demeurent à préciser publiquement. Les acteurs du secteur attendent maintenant des orientations concrètes pour mesurer l’impact réglementaire sur les projets en cours et sur l’émergence de nouveaux services.
| Indicateur | 2024 (CEMAC) |
|---|---|
| Nombre de transactions | 3,74 milliards |
| Part en monnaie électronique | ~95 % |
| Valeur cumulée | ~32 000 milliards FCFA |
La transition vers le numérique des paiements en Afrique centrale est désormais actée par les chiffres. Reste à savoir si le futur cadre voulu par le régulateur saura concilier sécurité, inclusion et espace d’expérimentation pour les fintechs.