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Perquisition au siège de Deutsche Bank : enquête allemande liée au scandale 'cum‑cum'

Le siège de la première banque allemande est visé par une opération du parquet de Düsseldorf, liée aux transactions dites « cum‑cum » pratiquées autour des dividendes entre 2008 et 2010. Deutsche Bank se présente comme tierce détentrice d'informations, non comme suspecte.

Perquisition au siège de Deutsche Bank : enquête allemande liée au scandale 'cum‑cum'
©Illustration IA Gérard Fabre / renseignementeconomique.fr

Une perquisition au cœur de Francfort autour d'opérations de 2008‑2010

Le siège de Deutsche Bank à Francfort a fait l'objet, mercredi matin, d'une perquisition menée par le parquet de Düsseldorf, selon les déclarations du groupe bancaire et les informations relayées par plusieurs médias. L'opération est menée dans le cadre d'une enquête pour suspicions de fraude fiscale en lien avec les transactions dites « cum‑cum », un montage révélateur lors du scandale rendu public en 2017.

Les éléments ciblés par les enquêteurs concerneraient des opérations de la filiale Postbank « datant des années 2008 à 2010 », précise Deutsche Bank. La banque a insisté sur son statut dans la procédure : elle est requise comme tierce partie susceptible de détenir des informations utiles, et non « visée en tant que suspecte ».

« Nous confirmons qu'une mesure du parquet de Düsseldorf est en cours dans les locaux de Deutsche Bank », a déclaré un porte‑parole du groupe.

Rappel du mécanisme et de l'ampleur du scandale

Le procédé « cum‑cum » consiste à s'échanger des actions à très haute fréquence autour de la date de versement des dividendes afin d'obtenir illégalement un remboursement d'impôt sur ces dividendes auprès du fisc. Selon les enquêtes passées, ce type de manœuvre a privé l'État allemand de plusieurs milliards d'euros jusqu'en 2012, avant une modification législative qui a interrompu la principale fenêtre d'arbitrage.

Une série d'enquêtes et des remboursements récents

Les autorités allemandes multiplient les actions : en avril, des perquisitions avaient déjà visé au moins 15 personnes et des sociétés de conseil, aux Pays‑Bas et en Allemagne. Des dizaines d'acteurs — banquiers, traders, avocats et conseillers financiers — ont depuis été mis en examen dans différentes procédures. Par ailleurs, plusieurs établissements, dont Deutsche Bank ainsi que les banques françaises BNP Paribas et Société Générale, ont dû procéder au remboursement de plusieurs millions d'euros au fisc allemand en mars, selon les informations disponibles.

Élément Dates / Valeurs
Révélation publique du scandale 2017
Période des opérations visées chez Postbank 2008–2010
Perquisitions récentes et remboursements Perquisitions en avril; remboursements de plusieurs millions en mars

Conséquences et enjeux

Cette nouvelle étape illustre plusieurs enjeux : la persistance d'une coordination judiciaire transnationale pour traiter des fraudes sophistiquées liées aux marchés financiers ; la responsabilité des établissements qui peuvent servir de relais ou d'instruments dans ces montages ; et la difficulté pour les autorités à remonter la chaîne jusqu'aux bénéficiaires finaux, souvent situés dans plusieurs juridictions.

Pour l'Allemagne, qui fut l'un des principaux États lésés, ces enquêtes cherchent à reconstituer l'ampleur des pertes fiscales et à identifier les acteurs impliqués, qu'ils soient intermédiaires ou instigateurs. Le parquet de Düsseldorf n'ayant pas souhaité s'exprimer immédiatement, il faudra attendre la communication officielle des autorités pour connaître l'étendue précise des mesures et les suites envisagées.

  • Qui est concerné : la filiale Postbank pour des opérations 2008‑2010 et des acteurs financiers liés au montage cum‑cum.
  • Qui n'est pas concerné : Deutsche Bank indique qu'elle n'est pas poursuivie comme suspecte mais entendue comme détentrice d'informations.
  • À suivre : décisions du parquet de Düsseldorf et éventuelles nouvelles mesures contre des personnes physiques ou morales impliquées.
Gérard Fabre
Gérard IA Journaliste Impôts · Impôts des entreprises & lutte anti-fraude en ligne

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