Vers une décrue limitée du déficit public
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, en cours de finalisation en Algérie, fixe comme objectif une réduction du déficit global du Trésor à -11,4 % du PIB, contre -12,4 % pour l'exercice en cours. Ce recul ciblé s'opère sans contraction des dépenses totales, qui resteraient soutenues pour financer l'action sociale et économique de l'État.
Des recettes attendues en hausse : l'axe principal
Le document cadre, qui accompagne la loi de finances et le cadrage macroéconomique 2026-2028, mise principalement sur une progression des recettes pour améliorer le solde budgétaire. Les prévisions retiennent une augmentation des recettes budgétaires globales de 8 009 milliards de dinars en 2026 à plus de 8 187 milliards en 2027.
« une mobilisation renforcée des ressources fiscales et une amélioration de la performance des recettes de l’État »
Le texte évoque aussi une hausse structurelle des recettes fiscales, qui devraient croître à un rythme moyen proche de 6,6 % sur la période considérée.
Autres hypothèses et facteurs d'ajustement
Outre la dynamique fiscale, le cadrage budgétaire retient plusieurs paramètres techniques et d'optimisation :
- une progression modeste des recettes non fiscales hors hydrocarbures, estimée à environ +1 % en moyenne ;
- une hypothèse de taux de consommation de 70 % des enveloppes votées dans les discussions budgétaires, utilisée pour calibrer les dépenses prévisionnelles ;
- la poursuite d'efforts de rationalisation et de discipline budgétaire pour contenir le déficit malgré un niveau élevé de charges publiques.
Ce que disent les chiffres : prudence et réalisme
Sur le papier, la réduction visée du déficit de 1 point de PIB traduit une combinaison de meilleurs encaissements et d'impulsions de gestion. En pratique, plusieurs risques peuvent freiner la réalisation de cette trajectoire : une collecte fiscale inférieure aux prévisions, des dépenses sociales ou d'investissement plus élevées que prévu, ou encore une volatilité des recettes liées aux hydrocarbures. L'hypothèse de consommation à 70 % des crédits budgétaires constitue d'ailleurs un filet de sécurité comptable qui masque, partiellement, la pression réelle sur les engagements de dépense.
Tableau récapitulatif
| Indicateur | 2026 (prévision / en cours) | 2027 (cible PLF) |
|---|---|---|
| Déficit du Trésor (en % du PIB) | -12,4% | -11,4% |
| Recettes budgétaires globales (milliards de dinars) | 8 009 | > 8 187 |
| Progression moyenne attendue des recettes fiscales | ~6,6 % | |
Conséquences pour l'économie et les ménages
À court terme, la trajectoire proposée préserve des marges de manœuvre pour la dépense publique sans opérer d'austérité brutale. Pour les entreprises et les ménages, une collecte fiscale plus efficace peut être favorable si elle s'accompagne d'une meilleure qualité des services publics et d'investissements ciblés. En revanche, l'Algérie reste exposée aux aléas extérieurs et aux variations des recettes liées au secteur des hydrocarbures ; la réalisation de l'objectif budgétaire dépendra donc autant de l'exécution parlementaire que de l'évolution économique domestique et internationale.
La discussion parlementaire du PLF 2027 permettra d'affiner ces hypothèses et de mesurer la robustesse des arbitrages retenus par le gouvernement pour rapprocher les comptes publics d'un moindre déficit.