Un dispositif ciblé pour les jeunes « invisibles » qui revendique des premiers résultats
Depuis son lancement en 2019, la Coordination pour l'initiative et la promotion de l'insertion des jeunes (CIPI) à La Réunion a accompagné plus de 800 jeunes. Le Département, qui finance le dispositif à hauteur de 1,2 million d'euros par an (cofinancement européen et départemental), met en avant un taux d'environ 70 % de sorties positives, c'est-à-dire des sorties vers l'emploi, la formation ou un projet d'insertion.
Six ans après la mise en place de l'antenne Ouest, le CIPI dispose désormais de trois implantations — Ouest, Sud et Est —, cette dernière ouverte il y a un an à Saint-Benoît. L'antenne Est a été évoquée lors d'une rencontre entre le président du Département et des jeunes accompagnés, illustrant la volonté d'aller « au-devant » des publics n'entrant pas spontanément dans les circuits traditonnels d'accompagnement.
Un accompagnement global, pas seulement professionnel
Le format du CIPI mise sur un accompagnement individualisé et global. Les autorités insistent sur le fait que l'accès à un emploi n'est qu'une facette de l'insertion : santé, logement, mobilité, sport, culture et engagement citoyen sont mobilisés pour lever les freins à une insertion durable.
"Le chômage n'est pas une fatalité."
Cette déclaration reprise lors de la rencontre souligne l'intention politique : proposer un filet de soutien destiné aux jeunes les plus éloignés des institutions, qu'ils n'aient jamais sollicité d'aide ou qu'ils l'aient perdue de vue.
Chiffres et portée opérationnelle
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Jeunes accompagnés depuis 2019 | +800 |
| Accompagnements en 2025 | 282 |
| Taux de sorties positives | ~70 % |
| Financement annuel | 1,2 M€ |
| Antennes | 3 (Ouest, Sud, Est) |
Ce que cela change pour les jeunes et les employeurs
Pour les jeunes visés, l'approche « aller vers » signifie une prise de contact proactive et un suivi adapté aux situations personnelles souvent complexes : manque de qualification, difficultés de mobilité, problèmes de santé ou de logement. Pour les employeurs locaux, le dispositif représente une source potentielle de candidatures accompagnées, donc mieux préparées à l'emploi et plus susceptibles de rester en poste si les freins périphériques sont traités.
- Pour les salariés et demandeurs d'emploi : un accompagnement holistique qui peut débloquer des obstacles non professionnels à l'emploi.
- Pour les employeurs : un vivier de candidats suivis, avec un travail sur l'employabilité.
- Pour les décideurs : des données chiffrées (taux de sorties, nombre d'accompagnements) pour évaluer l'efficacité d'un investissement public.
Limites et perspectives
Si les résultats annoncés sont encourageants, ils appellent des précisions supplémentaires : nature exacte des sorties positives (emploi durable vs contrats courts), trajectoires longues des jeunes suivis et comparaison avec d'autres dispositifs d'insertion. Le financement pérenne (1,2 M€/an) et l'extension à plusieurs antennes montrent une volonté d'institutionnaliser le modèle, mais l'efficacité réelle dépendra de l'articulation avec les autres acteurs locaux de l'emploi et des services sociaux.
"L'insertion ne se résume jamais à l'accès à un travail. Elle mobilise aussi la santé, le logement, la mobilité, le sport, la culture, l'engagement citoyen."
Le CIPI mise sur cette logique intersectorielle. Reste à observer sur la durée si ce mode d'intervention permet de transformer des sorties positives en parcours professionnels stables et en insertion sociale durable.