Une licence française pour étendre l'offre et sécuriser les dépôts
La néobanque Revolut a été autorisée, le 10 août, à exercer en France sous une licence bancaire délivrée par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et validée par la Banque centrale européenne. Cette bascule depuis la licence lituanienne ouvre pour l'entreprise de nouveaux marchés et modifie les garanties offertes aux titulaires de compte sur le territoire.
Jusqu'à présent, Revolut France fonctionnait via Revolut Bank UAB installée à Vilnius. La délivrance d'une licence locale lui permet désormais de proposer des produits qui lui étaient jusqu'ici fermés, notamment certains produits d'épargne et des crédits bancaires.
"Une étape historique dans le développement européen de Revolut", a déclaré la banque dans un communiqué.
Ce qui change concrètement pour les clients
- Accès aux livrets réglementés : Revolut pourra commercialiser des produits comme le Livret A ou le LDDS, jusque-là réservés aux établissements domiciliés en France.
- Crédits immobiliers : la banque pourra proposer des prêts immobiliers, un relais de croissance stratégique.
- Garantie des dépôts : la protection des dépôts basculera du fonds lituanien vers le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), plafonné à 100 000 € par client.
- Migration des comptes : les comptes détenus en France seront transférés de la succursale française de Revolut Bank UAB vers la nouvelle entité française, sans action requise des clients selon l'établissement.
La banque assure que l'IBAN, les coordonnées de carte, l'historique des transactions et les relevés resteront inchangés et accessibles via l'application après la migration, et que les paiements continueront de fonctionner sans interruption.
Enjeux et conséquences pour le marché français
Pour Revolut, devenue une des grandes néobanques présentes en France, cette licence est à la fois un gage de confiance réglementaire et un levier commercial. La capacité à distribuer des livrets réglementés et des prêts immobiliers élargit son catalogue de produits et renforce sa compétitivité face aux banques traditionnelles et aux acteurs numériques concurrents.
Pour les clients, le basculement vers le FGDR français signifie une harmonisation des protections avec celles offertes par les banques installées en France. Le plafond de 100 000 € par déposant reste identique, mais la référentialité et la supervision seront désormais nationales. Reste à observer la mise en œuvre opérationnelle de la migration des comptes et la rapidité avec laquelle Revolut lancera effectivement les nouveaux produits annoncés.
| Élément | Avant | Après |
|---|---|---|
| Licence | Licence lituanienne (Revolut Bank UAB) | Licence bancaire française (ACPR / BCE) |
| Garantie des dépôts | Fonds lituanien | FGDR (100 000 €) |
| Produits supplémentaires | Limité | Livret A, LDDS, crédits immobiliers possibles |
| Clients en France | 7 millions (chiffre communiqué) | |
Cette décision s'inscrit dans un contexte européen où les néobanques cherchent à consolider leur position via des licences locales pour gagner en crédibilité et en capacité d'offre. La clientèle bénéficiera d'une protection alignée sur les standards français, tandis que le marché bancaire français voit son paysage s'élargir avec une offre digitale de plus en plus structurée.