Un appel à l’action face à un premier semestre en deçà des objectifs
Le gouvernement vietnamien a tenu, le 4 juillet, sa réunion ordinaire de juin 2026, couplée à une conférence en ligne avec 34 provinces et villes. À cette occasion, le secrétaire général et président To Lam a fixé une ligne claire : supprimer immédiatement les obstacles à la mise en œuvre des politiques publiques afin de renforcer une croissance encore inférieure aux cibles fixées pour l’année.
Dans un contexte mondial qualifié de difficile, l’exécutif souligne des résultats « louables » pour les six premiers mois, tout en reconnaissant des limites notables. La croissance du semestre s’établit à environ 8,2 %, en deçà d’un objectif chiffré à 9,7 %. Signe d’un ralentissement inégal, 25 des 34 collectivités connectées à la conférence affichent des performances inférieures aux prévisions, y compris Hanoï et Hô Chi Minh-Ville, qui n’atteignent pas leurs cibles internes.
Investissement public : priorité à l’exécution et à la réallocation
Au cœur des préoccupations : la mise en œuvre de l’investissement public. Plusieurs chantiers restent à la traîne, notamment les infrastructures stratégiques, les programmes nationaux ciblés et certains projets clés. Les dépenses dédiées à la science, à la technologie, à l’innovation et à la transformation numérique ne représentent qu’environ 10 % des capitaux alloués, un niveau qui freine l’effet d’entraînement attendu sur la productivité et la modernisation du tissu économique.
« des fonds sont disponibles mais ne peuvent être dépensés »
Partant de ce constat, la directive est explicite : examiner de près les enveloppes et réduire résolument les dotations prévues lorsqu’elles ne sont pas consommées, afin de les réallouer vers des projets capables d’avancer. L’enjeu est opérationnel autant que budgétaire : lever les obstacles administratifs et de gouvernance qui ralentissent l’exécution pour traduire plus vite les crédits en chantiers productifs.
Traduire l’ambition politique en résultats économiques
Cette réunion marque la première année d’exécution de la résolution issue du 14e Congrès national du Parti, pensée comme le lancement d’une nouvelle phase de développement. L’exécutif fixe une double exigence : accélérer et sécuriser la trajectoire, avec un cap affiché de développement rapide, durable et autonome. Il s’agit d’accroître la résilience de l’économie et d’améliorer le niveau de vie réel des ménages, tout en absorbant les chocs externes.
Dans cette perspective, l’exécution budgétaire devient un test de crédibilité : la capacité à transformer des crédits disponibles en projets effectivement livrés conditionne l’atteinte des objectifs 2026, puis la consolidation de la trajectoire à moyen terme. La demande faite au gouvernement de réexaminer attentivement la situation et d’intégrer ces enseignements dans le rapport de fin d’année vise à ancrer ce pilotage dans la durée.
Où concentrer l’effort : des chantiers à effet multiplicateur
L’accent mis sur l’infrastructure et l’innovation est cohérent avec les secteurs dont l’impact se diffuse le plus largement à l’économie : capacités logistiques, productivité des entreprises, diffusion technologique. Le retard de décaissement sur ces postes réduit temporairement l’élan, mais suggère aussi des marges rapides de progression si les goulots d’étranglement administratifs sont traités en priorité.
- Réaffecter rapidement les crédits non consommés vers des projets prêts à démarrer.
- Accélérer les procédures pour les programmes nationaux et projets structurants.
- Maximiser l’effet de levier des dépenses en science et numérique sur la productivité.
Des signaux à suivre d’ici la fin d’année
Pour la suite de 2026, plusieurs indicateurs permettront d’évaluer l’efficacité de ce recentrage : la part des crédits effectivement décaissés, la dynamique des chantiers d’infrastructure, et la remontée du taux d’exécution dans les postes technologiques. L’alignement entre objectifs locaux et nationaux sera également déterminant, alors que 25 localités ont manqué leurs prévisions semestrielles.
| Indicateur | Constat S1 2026 |
|---|---|
| Croissance semestrielle | ~8,2 % (objectif : 9,7 %) |
| Localités sous les prévisions | 25/34 |
| Décaissement science/innovation/numérique | ~10 % du capital alloué |
La ligne est désormais posée : accélérer l’exécution, prioriser l’impact, et documenter les résultats. Si les blocages identifiés sont levés rapidement, la marge de rattrapage sur le second semestre peut renforcer la trajectoire 2026 et préparer la « prochaine étape » évoquée par l’exécutif.