Les plafonds d’encadrement contournés pour les petits logements étudiants
Une enquête menée par Que Choisir Ensemble entre avril et mai 2026 révèle que 95 % des annonces de studios étudiés dans six territoires où l'encadrement des loyers est appliqué dépassent les plafonds autorisés. L'association a passé au crible 125 annonces (dont 50 à Paris et 15 dans chacune des autres villes) de logements jusqu'à 18 m² publiées sur SeLoger, Leboncoin, De Particulier à Particulier et Gens de confiance.
« Aujourd’hui, trop d’étudiants ne choisissent plus leurs études : c’est le prix du logement qui choisit pour eux. »
Ce constat souligne une réalité concrète : face à des loyers privés élevés, la majorité des étudiants n'ont d'autre option que de se tourner vers le marché privé, alors que les places dans les résidences du Crous restent insuffisantes. Selon l'étude, le loyer moyen constaté atteint 600 € par mois et peut grimper jusqu'à 984 € à Paris pour un studio de 18 m².
Une aide qui ne suit pas le rythme
Les Aides personnalisées au logement (APL) ne couvrent en moyenne que 43 % du loyer, d'après l'association, laissant une large part de la dépense à la charge des étudiants. Par ailleurs, la suppression depuis le 1er juillet de certaines aides pour les étudiants non européens et non boursiers accentue la fragilité financière d'une partie d'entre eux.
Des compléments de loyers et des services facturés
Que Choisir Ensemble met aussi en garde contre des compléments de loyers « très conséquents, peu ou pas justifiés », ainsi que contre des offres de coliving facturées plus cher pour des prestations additionnelles (salle de sport, abonnements, etc.) qui ne répondent pas toujours aux besoins des étudiants.
- Villes étudiées : Grenoble, Lyon, Montpellier, Lille, Bordeaux, Paris.
- Échantillon : 125 annonces de studios ≤ 18 m² (50 à Paris, 15 par autre ville).
- Loyer moyen constaté : 600 € / mois ; maximum : 984 € à Paris.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| % d'annonces non conformes | 95 % |
| Nombre d'annonces étudiées | 125 |
| Couverture moyenne des APL | 43 % |
Conséquences et enjeux
Au-delà de la simple infraction aux règles d'encadrement, ces pratiques ont des effets tangibles : elles contraignent des étudiants à renoncer à certains cursus ou à accepter des trajets et des conditions de vie dégradées pour payer leur loyer. Sur le plan politique, la situation interroge l'efficacité du contrôle et des sanctions prévues par la réglementation, ainsi que la capacité des dispositifs sociaux à compenser des loyers privés qui continuent d'augmenter.
Pour les ménages étudiants, la traduction la plus directe se mesure en mensualités : une APL couvrant moins de la moitié du loyer force à trouver en moyenne 340 € par mois sur d'autres ressources pour un loyer à 600 € — et bien davantage dans les grandes villes. La question du respect effectif des plafonds et du renforcement des contrôles locaux et nationaux se pose donc avec acuité.
La diffusion de ces constats par Que Choisir Ensemble devrait relancer le débat sur les moyens de protection des locataires les plus fragiles et sur l'adaptation des aides publiques aux réalités du marché privé, particulièrement pour les étudiants.