Des hausses concentrées autour du Léman
Les prix des maisons individuelles ont connu une accélération marquée en Suisse romande au cours des douze derniers mois : selon l'indice publié mardi par Raiffeisen, la hausse atteint +6,3% par rapport au deuxième trimestre 2025. À l'échelle nationale, la progression est beaucoup plus modérée : certaines régions enregistrent autour de +3% seulement.
Concrètement, pour un ménage regardant son budget en mensualités ou comparant des surfaces en mètres carrés, cette variation signifie un effort d'achat sensiblement accru pour acquérir une maison autour du Léman — où l'offre de terrains à bâtir est particulièrement contrainte — alors que d'autres parties du pays restent plus stables.
Typologies et disparités territoriales
La hausse n'est pas homogène : les communes touristiques affichent la plus forte progression pour les maisons (+6%), suivies par les communes urbaines (+4,2%). En parallèle, l'indice met en évidence un comportement différencié pour les propriétés par étage (PPE) : dans la région lémanique, leur prix a reculé de -1,4% sur un an, alors qu'ils ont bondi de +6,7% en Suisse méridionale (Valais, Tessin, Grisons).
- Maisons individuelles : +6,3% en Suisse romande (vs ~+3% ailleurs).
- PPE (région lémanique) : -1,4% sur un an.
- PPE (Suisse méridionale) : +6,7% sur un an.
| Segment | Zone | Évolution annuelle |
|---|---|---|
| Maisons individuelles | Suisse romande | +6,3% |
| Maisons individuelles | Suisse centrale / Nord-ouest | ~+3% |
| PPE | Région lémanique | -1,4% |
| PPE | Suisse méridionale | +6,7% |
| PPE | Communes touristiques (national) | +6,9% |
| PPE | Centres urbains (national) | +0,1% |
Les moteurs de la hausse
Raiffeisen pointe deux facteurs principaux : des taux hypothécaires durablement bas et une offre de logements limitée. Le mix de ces éléments alimente la demande, en particulier dans des zones attractives économiquement et géographiquement resserrées comme l'Arc lémanique. Sur le front national, les maisons restent globalement stables ce printemps, mais les PPE continuent d'afficher une légère progression trimestre contre trimestre (+1%).
"Même si les taux de croissance des prix sont légèrement plus faibles ce trimestre, la dynamique des prix sur le marché de la propriété reste très élevée"
La citation du chef économiste de Raiffeisen, Fredy Hasenmaile, résume l'angle macroéconomique : le phénomène tient à la conjugaison d'une demande soutenue et d'une offre contrainte. Pour un acquéreur courant, cela se traduit par des mensualités plus élevées pour obtenir la même surface, ou par le besoin de renoncer à certains critères (emplacement, mètres carrés) pour rester dans un budget donné.
Conséquences pour les acheteurs et l'offre
Sur le marché, l'effet le plus net est la pression sur l'accession : les primo-accédants ou ménages aux revenus moyens peuvent voir leur capacité d'achat réduite, en particulier près du Léman où les terrains disponibles sont rares. Les investisseurs et les acheteurs cherchant de l'espace extérieur privilégieront les maisons, alimentant encore la compétition sur ce segment.
À moyen terme, si les taux de crédit se maintiennent bas et que la rareté foncière perdure, la pression haussière sur les prix des maisons en zones limitées restera d'actualité. En parallèle, la stabilité ou la baisse des PPE dans certains secteurs peut offrir des opportunités ponctuelles pour des ménages qui acceptent une vie en copropriété plutôt qu'une maison individuelle.
En résumé : l'Arc lémanique continue d'exercer un effet d'entraînement sur les prix des maisons en Suisse romande. Pour ceux qui évaluent un projet d'achat, mesurer le coût en mensualités, comparer le prix au mètre carré et anticiper la rareté foncière locale restent des exercices indispensables.