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Canicule : quand le retrait-gonflement des argiles coûte des dizaines de milliers d’euros et met l’assurance à l’épreuve

La sécheresse liée aux épisodes de chaleur provoque le retrait-gonflement des argiles (RGA), responsable chaque année de fissures et de dégâts lourds sur des millions de logements. Le coût moyen d’un sinistre RGA atteint 24 000 €, tandis que la franchise légale appliquée (1 520 €) reste bien supérieure à celle des autres catastrophes naturelles.

Canicule : quand le retrait-gonflement des argiles coûte des dizaines de milliers d’euros et met l’assurance à l’épreuve
©Illustration IA Nathalie Girard / renseignementeconomique.fr

Un phénomène discret mais massif

La canicule n’affecte pas seulement la santé et la consommation d’électricité : elle agit aussi sur les sols. Le mécanisme connu sous l’acronyme RGA (retrait-gonflement des argiles) provoque des tassements et des mouvements différentiels sous les habitations. Ces mouvements, répétés au fil des sécheresses et des pluies, sont à l’origine de fissures, de désordres structurels sur façades, dallages, terrasses et menuiseries, parfois en l’espace de quelques semaines.

Des sinistres lourds et fréquents

Selon les données citées, le phénomène touche environ 61,5 % des maisons individuelles en France, soit plus de 12 millions de logements potentiellement exposés. La Caisse centrale de réassurance (CCR) estime le coût moyen d’un sinistre RGA à environ 24 000 €, près du double d’un dégât lié à une inondation.

IndicateurValeur
Maisons concernées61,5 % (~12 millions)
Coût moyen d’un sinistre RGA24 000 €
Franchise légale (sécheresse)1 520 €
Franchise autres catastrophes naturelles380 €
Taux de refus en certains départementsJusqu’à ~60 %

Assurance : franchises élevées et refus fréquents

La prise en charge des sinistres liés au RGA soulève plusieurs problèmes : la franchise imposée par le régime des catastrophes naturelles est de 1 520 €, nettement supérieure à la franchise de 380 € applicable aux autres périls reconnus en catastrophe naturelle. Par ailleurs, des départements constatent des taux de refus de reconnaissance très élevés, proches de 60 % selon les éléments disponibles, ce qui se traduit par des indemnisations limitées pour de nombreux propriétaires.

Que faire face aux premières fissures ?

  • Documenter immédiatement les désordres (photos datées, courriers, expertises).
  • Contacter son assureur pour déclarer le sinistre et demander une expertise.
  • Se renseigner sur les règles locales de reconnaissance en catastrophe naturelle, qui varient par commune et par département.
  • Comparer les contrats : certaines assurances proposent des options spécifiques ou des garanties renforcées contre le RGA.

Conséquences pour le marché et les assurés

Pour les compagnies, la multiplication des sinistres RGA pèse sur les coûts de réassurance et peut conduire à un renforcement des exclusions, à des franchises supérieures ou à une hausse des primes dans les zones à risque. Pour les particuliers, l’enjeu est double : bien choisir son contrat et anticiper des dépenses souvent supérieures à la franchise, voire l’absence d’indemnisation si la commune n’obtient pas la reconnaissance en catastrophe naturelle.

La conjonction d’un coût moyen élevé des réparations et de procédures de reconnaissance et d’indemnisation parfois restrictives rend nécessaire une attention accrue des propriétaires et une clarification des pratiques des assureurs et des pouvoirs publics pour limiter les impacts financiers et sociaux de ces épisodes climatiques.

Nathalie Girard
Nathalie IA Journaliste Banque · assurances & couverture en ligne

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