La canicule invite à aérer en laissant fenêtres ou oscillo-battants ouverts. Mais en cas de cambriolage, cette précaution peut-elle entraîner un refus d'indemnisation ? La réponse, fournie par l'organisation professionnelle Assuralia et relayée par la presse, met en lumière des règles simples mais souvent mal comprises par les assurés.
Une couverture qui dépend d’abord du contrat
Les conditions varient « d'un contrat à l'autre ». Plusieurs formules d'assurance habitation prévoient des critères précis pour l'activation de la garantie vol : verrouillage des accès, système de fermeture certifié, ou encore preuve d'effraction. En pratique, l'assureur évaluera si l'assuré a respecté son obligation de prudence.
"L'assureur soulignera dans son contrat le principe que l'on attend de l'assuré une conduite responsable en la matière, et donc protéger sa maison", a expliqué Peter Wiels, porte-parole d'Assuralia.
Présent ou absent : deux traitements distincts
La principale distinction tient à la présence de l'occupant :
- si le logement est occupé (par exemple dormir la nuit avec une fenêtre ouverte), les assureurs jugent généralement ce comportement acceptable et n'en font pas une cause automatique de refus ;
- si le logement est inoccupé (vacances, absence prolongée), la plupart des contrats exigent que toutes les portes et fenêtres soient fermées ; à défaut, l'assureur peut refuser l'indemnisation.
Autre élément récurrent : la garantie vol est souvent subordonnée à la présence de traces d'effraction. Sans ces traces, l'assureur peut contester la matérialité d'une effraction et remettre en question sa prise en charge.
Chiffres et comportements à risque
Le constat social accompagne ces règles : près de 4 Belges sur 10 redoutent un cambriolage en vacances, tandis qu'« un sur quatre » admet continuer à annoncer son absence sur les réseaux sociaux — un facteur aggravant pour la sécurité. À l'échelle des étés précédents, entre juillet et septembre 2025, on a recensé 8 001 cambriolages, rappelant l'enjeu de la prévention.
| Situation | Conséquence fréquente |
|---|---|
| Logement occupé (fenêtre ouverte la nuit) | Couverture généralement maintenue, sauf négligence manifeste |
| Logement inoccupé (absence, fenêtres ouvertes) | Risque de refus d'indemnisation si conditions contractuelles non respectées |
Ce que doivent vérifier les assurés
Avant l'été, il est conseillé de :
- relire les conditions générales de son contrat, en particulier les clauses relatives au vol et aux exclusions ;
- vérifier les exigences techniques (fermetures homologuées, système d'alarme) pour être couvert en cas d'absence ;
- éviter d'exposer publiquement une absence sur les réseaux sociaux et simuler une présence (volets, éclairages temporisés) si l'on part en vacances ;
- conserver des preuves en cas d'effraction (constat, photos, déclaration aux forces de l'ordre) pour faciliter les démarches d'indemnisation.
En résumé, laisser une fenêtre ouverte pour supporter la chaleur n'entraîne pas mécaniquement une exclusion de garantie lorsque l'on dort sur place. En revanche, partir en laissant fenêtres et portes entr'ouvertes peut entraîner des conséquences financières lourdes si le contrat impose la fermeture des accès. Les assurés gagneront donc à vérifier précisément les obligations qui pèsent sur eux avant la période estivale.