Les chiffres essentiels
En 2025, la Direction des achats de l'État a suivi 24,4 milliards d'euros de commandes, hors marchés de défense et de sécurité. La part la plus importante revient à l'immobilier et aux travaux avec 9,8 milliards, suivis par l'informatique, les fournitures, les véhicules et l'énergie. Ces contrats se concentrent majoritairement sur cinq ministères : les Armées, l'Intérieur, la Justice, les Finances et la Transition écologique.
Des gains réels, mais limités
Sur l'ensemble de cette enveloppe, l'État a réalisé 413 millions d'euros d'économies en 2025, soit environ 1,7 %, grâce à la professionnalisation des acheteurs publics. Mis en perspective, appliquer ce taux de réduction à un périmètre élargi — par exemple 50 milliards d'euros d'achats incluant la défense — dégagerait près de 850 millions d'euros. Même en doublant cette performance, on resterait en deçà de 2 milliards.
« Il n'y a rien qu'on puisse faire d'intelligent à court terme sur ce type d'enveloppe »,
résume l'économiste cité dans la source, qui invite à ne pas surestimer l'apport des seules réductions de prix pour résorber le déficit public.
Ce que cela change pour le budget
Le déficit attendu de l'État se situe autour de 160 milliards d'euros. À l'échelle de ce montant, les gains obtenus sur les marchés publics représentent une fraction marginale — de l'ordre d'un demi-point de déficit si l'on retient l'exemple précédent. Autrement dit, gérer mieux les achats est utile et nécessaire, mais insuffisant pour remettre les comptes publics à l'équilibre.
Où chercher les vraies marges ?
Les économistes interrogés soulignent que l'enjeu n'est pas seulement de rogner sur les prix mais d'utiliser la commande publique comme levier stratégique. Plutôt que de viser uniquement des économies de court terme, il s'agit :
- d'orienter les appels d'offres vers des objectifs de long terme (rénovation énergétique, réduction des pollutions) ;
- d'accélérer des procédures pour favoriser l'innovation et l'efficacité opérationnelle ;
- de revoir la composition même du budget pour identifier des masses budgétaires plus significatives.
Des exemples chiffrés
| Poste | Montant 2025 (Md€) |
|---|---|
| Total suivi (hors défense) | 24,4 |
| Immobilier et travaux | 9,8 |
| Économies réalisées | 0,413 (soit 1,7%) |
Conséquences pratiques pour le citoyen
Pour le contribuable et l'usager, la professionalisation des achats publics peut améliorer la qualité des services et produire des gains d'efficacité (bâtiments mieux isolés, matériels plus durables). En revanche, ces améliorations ne modifieront pas substantiellement le niveau d'imposition ou la trajectoire du déficit si elles restent cantonnées aux réductions de prix. Les vraies économies d'ampleur exigent des choix politiques sur la structure des dépenses et des investissements ciblés plutôt qu'un pilotage exclusif par les prix.
En somme, optimiser la commande publique est un impératif d'efficacité et de modernisation. Mais pour la trajectoire budgétaire 2027, les marges notables sont ailleurs : changements d'échelle, réallocation de dépenses et orientations stratégiques du budget resteront déterminants.