Une hausse du plafond de nouveau étudiée
Le projet de porter le plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros revient dans le débat public, quelques jours après son rejet à l’Assemblée nationale. D’après les informations rapportées par Les Echos, l’exécutif examinerait désormais la mesure avec attention. Une réunion réunissant Bercy, Matignon et la Caisse des Dépôts s’est tenue mercredi, sans que le contenu d’une décision définitive ne soit communiqué.
L’hypothèse s’inscrit dans un dispositif annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 28 octobre devant les députés. L’État prévoit 4 milliards d’euros de prêts à taux préférentiels pour aider les régions à remettre à niveau les établissements scolaires. La Banque des Territoires, qui finance déjà les collectivités locales, pourrait participer à cette opération par l’intermédiaire du Fonds d’épargne.
Le rôle central des dépôts réglementés
Ce fonds est alimenté par une partie des sommes déposées sur le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS). Dans ce schéma, relever le plafond du Livret A ne créerait pas directement une nouvelle épargne publique, mais augmenterait les montants susceptibles d’être collectés sur ce support, puis orientés vers les mécanismes de financement concernés.
| Élément | Donnée mentionnée |
|---|---|
| Plafond actuel du Livret A | 22 950 euros |
| Plafond envisagé | 30 000 euros |
| Prêts annoncés pour les lycées | 4 milliards d’euros |
| Produits alimentant le Fonds d’épargne | Livret A et LDDS |
Une proposition déjà rejetée par les députés
Le relèvement n’est toutefois pas une nouveauté. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, l’avait évoqué au début du mois de septembre pour soutenir la rénovation énergétique des bâtiments publics. Puis Éric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, l’a défendu sous la forme d’un amendement au projet de budget 2027. Les députés l’ont rejeté le 16 octobre.
Le retour de cette piste illustre la multiplication des demandes visant à affecter l’épargne réglementée à des politiques publiques. L’économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, critique cette succession d’usages envisagés pour le produit, de la défense au programme nucléaire, en passant par la transition écologique, la reforestation et l’équipement des pompiers.
« On voit que le Livret A est mis à toutes les sauces : certains voulaient que le Livret A serve à financer la Défense, ensuite, on s’est dit que cela pouvait servir à financer le nouveau programme nucléaire français, cela a été fait. D’autres ont aussi imaginé son utilisation pour financer la transition écologique, la reforestation ou, cet été, l’équipement des pompiers. Le gouvernement imagine maintenant financer la rénovation des lycées : à qui le tour ? »
Quel arbitrage pour les épargnants ?
Pour les détenteurs déjà proches du plafond, une limite fixée à 30 000 euros offrirait une capacité de dépôt supplémentaire. Mais le seul relèvement du plafond ne garantirait ni que chaque épargnant verse davantage, ni que les sommes nouvelles soient immédiatement disponibles pour les prêts annoncés. La mesure devrait encore être arbitrée et précisée par le gouvernement, après le vote négatif intervenu à l’Assemblée.
- Le plafond actuellement applicable reste de 22 950 euros.
- Le relèvement à 30 000 euros est à ce stade une hypothèse étudiée.
- Les fonds collectés pourraient contribuer au financement des régions via le Fonds d’épargne.
Le dossier oppose ainsi deux logiques : accroître les ressources de long terme destinées aux investissements publics et préserver la lisibilité d’un produit d’épargne réglementé pour les ménages. Tant qu’aucune décision officielle n’est arrêtée, les règles de plafond et d’utilisation du Livret A demeurent inchangées.