Risque nucléaire et tensions militaires : une centrale européenne prise pour cible
Fin août, la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, a de nouveau été la cible d'attaques menées par des drones, a indiqué l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Plusieurs incidents ont été rapportés sur le site, qui reste sous surveillance permanente depuis septembre 2022. L'AIEA précise que deux employés ont été blessés lors d'une des attaques et que des équipements de sûreté ont été touchés.
Chronologie et nature des incidents
Selon le rapport de l'agence onusienne, les événements se sont succédé à la fin du mois d'août :
- le 25 août, un engin a frappé à proximité du bassin de refroidissement, occasionnant des blessures parmi le personnel ;
- le 26 août, un drone a explosé près d'une installation de stockage à sec du combustible usé ;
- le même jour, un autre drone a endommagé le dispositif d'aspersion d'une des tranches de la centrale.
Ces éléments mettent en évidence la vulnérabilité d'installations clés, même si l'AIEA indique que, pour l'instant, les niveaux de radiation sur le site restent normaux.
"Les niveaux de radiations sur le site restent normaux"
Réactions de l'AIEA et appel à la retenue
Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a condamné ces attaques et a exhorté à limiter l'engagement militaire autour des installations nucléaires pour prévenir le risque d'un accident majeur. Dans ses messages, il a qualifié toute frappe visant des sites nucléaires d'« inacceptable » et a demandé une désescalade immédiate des opérations à proximité des réacteurs.
Contexte opérationnel de Zaporijjia
Conquise par l'armée russe en mars 2022, la centrale de Zaporijjia se trouve régulièrement au cœur d'accusations réciproques entre les forces russes et ukrainiennes. L'AIEA maintient une présence continue sur place depuis septembre 2022 afin de surveiller l'état des installations : les six réacteurs du site sont à l'arrêt depuis 2022, mais la gestion du combustible, des systèmes de refroidissement et des installations de stockage demeure critique pour éviter une détérioration qui pourrait avoir des conséquences transfrontalières.
Conséquences pour l'Europe et implications pour la France
Même si les niveaux de radiation n'ont pas montré d'anomalie au moment du rapport, ces attaques alimentent l'incertitude autour de la sécurité nucléaire en zone de conflit. Pour la France et ses voisins, la trajectoire de ces incidents comporte plusieurs enjeux :
- Sûreté immédiate : la répétition d'impacts sur des systèmes de stockage ou de refroidissement augmente le risque d'un incident technique majeur ;
- Politique énergétique : ces tensions renforcent les questions sur la résilience des infrastructures nucléaires en zones de conflit et peuvent peser sur les arbitrages européens en matière d'approvisionnement et de coopération civile dans le nucléaire ;
- Communication et confiance : la présence continue de l'AIEA vise à stabiliser l'information, mais chaque nouvelle attaque alimente l'inquiétude publique et les appels à des mesures diplomatiques et militaires pour protéger les sites.
Points à suivre
Les équipes de l'AIEA restent sur place et devraient continuer à publier des mises à jour. Les autorités européennes et françaises surveillent ces développements : toute dégradation de la sûreté sur le site de Zaporijjia aurait des répercussions politiques et techniques au-delà de l'Ukraine. La question centrale demeure la même : comment limiter le risque d'accident nucléaire lorsque des installations civiles se trouvent au cœur d'un conflit armé ?
| Date | Incident |
|---|---|
| 25 août | Impact proche du bassin de refroidissement - deux employés blessés |
| 26 août | Explosion près du stockage à sec du combustible usé ; impact sur le dispositif d'aspersion |