Une deuxième alerte cet été perturbe la production de la plus grande centrale d'Europe occidentale
La centrale nucléaire de Gravelines (Nord) est à nouveau confrontée à une arrivée importante de méduses qui s’accumulent dans les systèmes de filtration de l’eau de mer utilisés pour le refroidissement. Quinze jours après un premier épisode ayant déjà contraint la direction à arrêter plusieurs tranches, EDF a pris de nouvelles mesures préventives : au cours de la nuit, la tranche n°6 a été mise à l’arrêt et la n°3 a également été stoppée la veille. Parallèlement, la puissance d’au moins une unité a été abaissée pour limiter les risques.
Sur les six réacteurs de Gravelines, seuls deux continuent de fonctionner, et que ce soit en régime réduit pour certaines d’entre elles. L’unité n°5 reste indisponible en raison d’un arrêt programmé lié à sa visite décennale. L’unité n°4, touchée dès le 10 août, n’avait pas encore redémarré depuis le premier épisode. EDF qualifie ces décisions d’arrêt «
préventives» afin de protéger les installations et d’éviter tout dysfonctionnement des pompes et échangeurs soumis aux prises d’eau marines.
Contexte et conséquences pour l’équilibre électrique national
Gravelines représente une part significative de la production nucléaire française : ses six tranches fournissent une capacité importante pour répondre aux besoins du pays. Une indisponibilité simultanée de plusieurs unités se traduit donc par une baisse notable de la puissance disponible sur le réseau national. Si les coupes sont temporaires, elles obligent les gestionnaires du système électrique à activer des marges de réserve, importer de l’électricité ou solliciter davantage d’autres moyens de production (turbines à gaz, renouvelables accentuées), ce qui peut peser sur les coûts d’approvisionnement et, à terme, contribuer à des variations sur les prix de marché.
Facteurs sous-jacents et mesures locales
Les épisodes répétés de bancs de méduses sur le littoral du Nord sont devenus plus fréquents ces dernières années, phénomène que certains experts relient à des modifications climatiques et environnementales. Pour tenter d’atténuer le risque, la centrale et EDF ont mis en place des mesures de prévention, incluant un partenariat avec des pêcheurs locaux chargés de collecter les organismes et de les relâcher en mer plus loin des prises d’eau. Malgré ces dispositifs, la capacité de la centrale à rester pleinement opérationnelle demeure vulnérable aux afflux massifs.
- Arrêts : tranches n°3 et n°6 à l’arrêt après la nouvelle arrivée de méduses.
- Puissance réduite : au moins une unité exploitée en régime décroissé pour précaution.
- Maintenance planifiée : n°5 indisponible pour visite décennale, n°4 déjà hors service depuis le 10 août.
État des tranches de Gravelines
| Tranche | Statut | Commentaire |
|---|---|---|
| 1 | En fonctionnement (régime réduit) | Reprise partielle après la première alerte |
| 2 | En fonctionnement (régime réduit) | Seule autre tranche exploitée depuis le premier épisode |
| 3 | À l’arrêt | Remis en service le 18 août, puis de nouveau stoppé |
| 4 | À l’arrêt | Ne s’était pas relancé après l’épisode du 10 août |
| 5 | Arrêt programmé | Visite décennale en cours |
| 6 | À l’arrêt | Arrêt nocturne préventif lié à la nouvelle arrivée de méduses |
À l’échelle nationale, la répétition de tels épisodes pose la question de l’adaptation des infrastructures côtières face aux perturbations climatiques et biologiques : renforcement des grilles de filtration, solutions de pompage alternatives ou mesures de surveillance renforcée. Pour les consommateurs, l’impact direct n’est pas immédiat mais ces aléas multipliés sur plusieurs sites pourraient, accumulés, peser sur la tension d’approvisionnement et, à terme, sur les marchés de l’électricité.
Les opérations de collecte et de déplacement des méduses se poursuivent en collaboration avec des acteurs locaux. EDF suit la situation heure par heure et les redémarrages seront engagés dès que les conditions techniques et de sûreté le permettront.