Une hausse nationale des pertes d'activité chez les dirigeants
Durant le premier semestre 2026, plus de 33 000 dirigeants d'entreprises en France ont perdu leur activité, soit une augmentation d'environ 7 % par rapport à la même période de 2025, selon l'Observatoire de l'emploi des entrepreneurs publié par l'association GSC et la société Altares. Ces chiffres confirment une fragilité persistante du tissu économique, qui touche principalement les plus petites structures.
Qui est concerné ?
Les chefs d'entreprise de moins de trois salariés représentent près de 75 % des pertes d'emploi enregistrées au premier semestre. Mais le phénomène n'épargne pas les entreprises de taille plus importante : 694 dirigeants d'établissements d'au moins 20 salariés ont perdu leur activité sur la période, et les pertes augmentent fortement pour les structures de plus grande taille.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Dirigeants sans activité (S1 2026) | Plus de 33 000 |
| Part des dirigeants de < 3 salariés | ≈ 75 % |
| Dirigeants d'entreprises ≥ 20 salariés | 694 |
| Hausse pour structures > 50 salariés (an/an) | +52 % |
| Augmentation pour CA > 5 M€ | +26,4 % |
| Augmentation pour CA > 10 M€ | +47,3 % |
Secteurs et ancienneté : le portrait des dirigeants touchés
Par secteur, la construction reste la plus affectée avec 7 718 dirigeants ayant perdu leur activité, soit près d'un quart du total national, tandis que le secteur de l'hébergement-restauration figure parmi les plus touchés. Les dirigeants concernés dirigeaient leur entreprise depuis près de dix ans en moyenne, et près de vingt ans pour ceux à la tête de PME de plus de 20 salariés.
"La perte d'emploi du dirigeant peut toucher tous les profils d'entrepreneurs", résume Hervé Kermarrec, président de l'association GSC, et "aucun chef d'entreprise n'est à l'abri".
Conséquences pour salariés, créanciers et PME
Cette montée des pertes d'activité des dirigeants a des répercussions multiples. Pour les salariés, la disparition ou l'arrêt d'activité d'une entreprise entraîne des ruptures d'emploi et accroît la précarité locale, surtout dans les petites structures où l'effet domino est le plus rapide. Pour les créanciers — notamment les créanciers particuliers — la situation rappelle la vulnérabilité des remboursements en cas de redressement judiciaire. Pour les entrepreneurs restants, la hausse des cessations chez les entreprises plus grandes et à chiffre d'affaires élevé alerte sur une dégradation pouvant toucher des maillons plus structurants de l'économie.
- Salariés : hausse du risque de chômage local et perte de revenus.
- Dirigeants : difficultés accrues pour relancer l'activité ou trouver des repreneurs, même après des années d'ancienneté.
- Créanciers et partenaires : exposition renforcée, notamment pour les petits investisseurs.
Ce que cela change
La lecture des données impose plusieurs remarques opérationnelles pour les acteurs de l'emploi : l'appui aux très petites entreprises reste une priorité pour limiter l'effet d'entraînement des cessations ; les mesures de prévention et d'accompagnement des dirigeants (soutien financier, diagnostic préventif, facilitation des cessions/reprises) méritent d'être renforcées ; enfin, la surveillance des secteurs les plus fragiles, comme la construction et l'hébergement-restauration, doit être affinée pour orienter les dispositifs publics et privés.
Ces chiffres, publiés le 26 août 2026, donnent une photographie inquiétante : la fragilité n'est plus cantonnée aux micro-entreprises et commence à atteindre des structures de taille moyenne, avec des effets potentiellement durables sur l'emploi et les chaînes de valeur locales.