Un indicateur au rouge pour les cadres
Le dernier baromètre de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), publié mardi, révèle un net ralentissement des intentions de recrutement de cadres pour le troisième trimestre 2026. Sur l'ensemble des tailles d'entreprises, seules 7% envisagent d'embaucher au moins un cadre au cours du trimestre : un niveau qualifié par l'Apec d'« étiage le plus bas observé ces dernières années ».
Les grandes entreprises tirent la moyenne vers le bas
Si les petites et moyennes structures affichent une stabilité, voire une légère progression pour les très petites entreprises, le mouvement qui pèse vraiment sur le marché est venu des grands groupes. Dans ces entreprises, 42% prévoient de recruter au moins un cadre au 3e trimestre, contre 48% en mars et 45% un an plus tôt (juin 2025). Il s'agit du plus bas niveau enregistré pour ce segment depuis le lancement de la mesure en 2020.
- 7% : proportion d'entreprises toutes tailles confondues prévoyant au moins une embauche de cadre.
- 42% : grandes entreprises prévoyant au moins une embauche de cadre au 3e trimestre (contre 48% en mars).
- Des secteurs comme l'industrie, notamment l'aéronautique et la construction navale, restent plus dynamiques.
Un contexte international qui pèse
L'Apec met en relation cette prudence renforcée avec l'incertitude économique induite, notamment, par le conflit au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les directions ont plus de mal à anticiper leur activité et favorisent des comportements de précaution : gel d'embauches, recours accru aux ajustements internes ou au recours aux non-cadres.
| Mesure | Valeur | Comparaison |
|---|---|---|
| Entreprises envisageant au moins 1 recrutement cadre | 7% | Plus bas observé |
| Grandes entreprises | 42% | 48% en mars |
| Grandes entreprises | 45% | juin 2025 |
Que signifie cette tendance pour les actifs et les employeurs ?
Pour les cadres en recherche d'emploi ou envisageant un changement, la contraction des intentions signifie une moins grande fluidité du marché à court terme, avec des processus de recrutement potentiellement plus sélectifs. Pour les entreprises, la retenue traduit une posture de protection face à des perspectives jugées incertaines : priorisation des coûts, renforcement des effectifs essentiels et report d'investissements liés au capital humain.
"Rien ne nous permet de dire que l'inflexion à la hausse qu'on avait anticipée (sur l'année) ne se fera pas", a déclaré la directrice générale de l'Apec Annelore Coury lors de la présentation du baromètre.
Cette mise en garde tempère un pronostic initialement plus optimiste formulé par l'Apec au printemps, qui anticipait une hausse annuelle de 4% des embauches de cadres pour 2026, sur la base d'enquêtes menées avant le déclenchement du conflit. Les chiffres du troisième trimestre constituent donc un contrepoids : ils n'annoncent pas un effondrement, selon l'Apec, mais ils réajustent fortement le calendrier attendu de reprise.
Pour les pouvoirs publics et les acteurs de l'emploi, le défi reste double : soutenir l'activité économique pour restaurer la confiance des recruteurs et accompagner les cadres par la formation, la mobilité ou des dispositifs ciblés afin d'éviter une hausse du chômage de longue durée chez les profils qualifiés. À court terme, les observateurs devront surveiller l'évolution des intentions au 4e trimestre pour savoir si cette pause est conjoncturelle ou le signe d'un affaiblissement plus durable de la demande de cadres.