Des résultats en progression modeste, mais une opération structurante en cours
Le groupe Iliad, maison mère de l'opérateur Free, affiche un chiffre d'affaires semestriel de 5,2 milliards d'euros, en hausse de 3% par rapport au premier semestre 2025. Cette progression repose sur une dynamique différenciée selon les pays où le groupe est présent : la France, son marché principal, connaît une croissance limitée, tandis que la Pologne et l'Italie contribuent davantage à l'amélioration des ventes.
Sur la période, l'activité en France a généré 3,3 milliards d'euros (+1,5%), la Pologne 1,3 milliard (+3,5%) et l'Italie 665 millions (+10,2%). L'indicateur de rentabilité principal retenu par le groupe, l'Ebitdaal (excédent brut d'exploitation après loyers), s'établit à 2 milliards d'euros, en hausse de 2,2%.
Des abonnés stables en France, croissance globale limitée
Sur le volet client, la progression du parc est faible. En France, le nombre d'abonnés reste inchangé sur le semestre. Au total, Iliad compte désormais 15,8 millions d'abonnés mobile et 7,6 millions d'abonnés fixe. Cette stagnation domestique traduit la maturité du marché et la pression concurrentielle sur les offres.
- Chiffre d'affaires total S1 2026 : 5,2 milliards € (+3%)
- Ebitdaal : 2 milliards € (+2,2%)
- Parc client : 15,8 M mobile, 7,6 M fixe
L'opération SFR : une réponse stratégique au plateau organique
Début juin, Iliad a signé un protocole d'accord pour participer au rachat conjoint de SFR, en consortium avec Bouygues Telecom et Orange. Le prix total fixé pour la transaction s'élève à 20,35 milliards d'euros, assorti d'un complément de prix potentiel pouvant atteindre 650 millions à la clôture.
"changer d'échelle tout en faisant grandir le modèle Free"
Selon les modalités connues, les actifs acquis seront redistribués entre les trois acheteurs : Free devrait récupérer environ 6 millions de clients de l'offre RED by SFR et près de 2 millions de clients de l'activité grand public de SFR. Pour Iliad, l'opération vise à compenser la faible croissance organique en France et à renforcer significativement sa base clients.
Calendrier et conditions réglementaires
Le protocole prévoit une finalisation de l'accord d'ici le 6 décembre, précédée de consultations syndicales. Le dossier doit encore obtenir le feu vert de l'Autorité de la concurrence : selon cette dernière, le délai d'instruction devrait être d'"au moins 18 mois", ce qui laisse envisager une clôture éventuelle au deuxième semestre 2027, calendarisation reprise par le groupe.
| Poste | S1 2026 | Variation vs S1 2025 |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires total | 5,2 Md€ | +3% |
| France | 3,3 Md€ | +1,5% |
| Pologne | 1,3 Md€ | +3,5% |
| Italie | 665 M€ | +10,2% |
| Ebitdaal | 2 Md€ | +2,2% |
Ce que cela signifie pour le secteur, les salariés et les clients
Pour le secteur, l'entrée d'Iliad dans un consortium achetant SFR rebat les cartes : la redistribution des actifs entre trois grands opérateurs devrait modifier les positions concurrentielles, les parts de marché et les offres commerciales. Pour les salariés, la période qui suit la consultation syndicale et la phase d'instruction réglementaire sera déterminante : des réorganisations sont possibles au gré des transferts d'activités, même si aucun détail opérationnel n'a été publié à ce stade.
Pour les clients, l'acquisition annonce des transferts massifs de lignes et la perspective d'offres différentes selon l'attribution des actifs. À court terme, la stabilité du parc en France et la croissance modeste des revenus soulignent que la stratégie externe devient un levier essentiel pour soutenir l'expansion d'Iliad.
En l'état, les résultats semestriels montrent un groupe profitable et en progression mesurée, mais dont la trajectoire future dépendra largement de la réussite de l'opération SFR et de la validation réglementaire qui suivra.