Des syndicats mobilisés après des canicules répétées
Les organisations syndicales montent en pression après une série de vagues de chaleur survenues avant même les congés d'été. Pour la CGT, la réponse actuelle — fournir de l'eau et aménager ponctuellement les horaires — n'est plus satisfaisante : il faut, selon elle, « un changement de loi d'urgence » et l'instauration d'un seuil de température maximal au-delà duquel l'activité serait limitée.
«Notre droit du travail est bloqué dans le climat d'hier»
La revendication de la CGT intervient alors qu'un décret de juin 2025 a déjà renforcé les obligations pesant sur les employeurs. Ce texte impose notamment de fournir de l'eau fraîche, d'adapter l'organisation du travail et de mettre à disposition des équipements limitant l'impact des fortes températures, avec une gradation des mesures en lien avec les seuils de vigilance de Météo-France.
Application insuffisante et contrôles demandés
Plusieurs syndicats dénoncent toutefois une mise en œuvre inégale : d'après l'enquête menée par la CGT à partir du 4 juillet auprès de 4 000 répondants, près de 24 % d'entre eux disent n'avoir bénéficié d'aucune mesure de protection au travail. Pour la CFDT, le décret n'est pas suffisamment appliqué et « trop d'entreprises continuent à tourner comme si de rien n'était », selon Isabelle Mercier.
- La CGT réclame une modification législative pour instituer des règles impératives.
- La CFDT demande une application stricte du décret et davantage de contrôles par l'inspection du travail.
- La CFTC et FO appellent à repenser l'organisation du travail, notamment sur les chantiers.
Les syndicats insistent aussi sur l'usage, si nécessaire, de l'activité partielle pour préserver la santé des salariés lors des pics de chaleur. Ils soulignent par ailleurs que l'inspection du travail peut adresser des mises en demeure, mais ne dispose pas du pouvoir d'arrêter immédiatement une activité dangereuse sur le terrain — un point qui limite l'efficacité des contrôles en situation de crise.
Conséquences pour les salariés et les employeurs
Concrètement, si les demandes syndicales étaient suivies d'effets, plusieurs changements se dessineraient : fixation d'un seuil de température au-delà duquel l'activité serait restreinte, obligations renforcées de protection pour les employeurs et potentialisation des contrôles administratifs. Pour les salariés exposés (bâtiment, transports, agriculture, etc.), cela pourrait signifier des interruptions plus fréquentes, des horaires aménagés ou des contrats d'arrêt en cas de danger avéré. Pour les employeurs, le coût et l'organisation du travail seraient directement concernés.
Un débat en cours au niveau ministériel
Le ministère du Travail, représenté en juin par Jean‑Pierre Farandou, a déjà ouvert des pistes, mais la question reste de savoir si le gouvernement ira jusqu'à modifier le cadre légal pour introduire un seuil contraignant — ou s'il s'en tiendra à renforcer l'application du décret existant et les moyens de contrôle. Les prochains mois, après l'été, seront déterminants : les syndicats demandent à transformer la gestion de l'urgence en changements structurels durables.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Répondants à l'enquête CGT | 4 000 |
| Part déclarant aucune mesure de protection | 24 % |
| Décret renforçant les obligations | juin 2025 |
La portée exacte des demandes syndicales et leur traduction en droit restent à suivre. Dans l'immédiat, la tension porte sur l'écart entre des obligations affichées et la réalité du terrain — et sur la capacité des pouvoirs publics à garantir que les salariés ne restent pas exposés sans protection lors des prochaines vagues de chaleur.