Une plateforme pour rentabiliser les trajets et désengorger la livraison traditionnelle
ColisGo, une application de livraison collaborative mise en service en avril 2026, propose de rapprocher des expéditeurs et des automobilistes qui effectuent déjà des déplacements interurbains. En l'espace de quelques mois, la jeune pousse a enregistré 500 utilisateurs répartis entre Montréal, Québec, Gatineau et le Saguenay, témoignant d'une adoption initiale dans plusieurs régions du pays.
Comment ça marche
Le fonctionnement de la plateforme repose sur deux usages complémentaires : les expéditeurs publient une annonce décrivant le colis et proposent une rémunération, tandis que les voyageurs déclarent leurs trajets et peuvent accepter des missions de livraison. Un algorithme tient compte de la distance, du volume et de la valeur du colis pour suggérer un prix aux utilisateurs.
« J’ai décidé de mettre en relation les gens qui voyagent déjà avec le coffre vide avec ceux qui ont besoin d’envoyer quelque chose », explique Adrien Loyem Ngoula.
Impacts pour les usagers et pour le secteur
Plusieurs effets concrets ressortent de ce modèle :
- Économie pour l'expéditeur : possibilité de réduire les frais postaux et le temps d'attente en s'appuyant sur un trajet déjà prévu.
- Revenu complémentaire pour l'automobiliste : monétisation des kilomètres parcourus sans charge utile, avec paiement conditionné à la livraison effective.
- Effet environnemental : diminution potentielle du nombre de véhicules supplémentaires sur la route si les colis occupent des trajets déjà programmés.
Limites et points de vigilance
Le modèle soulève toutefois des questions pratiques et réglementaires que la plateforme devra gérer pour passer à l'échelle : assurance des colis en cas de dommage ou vol, responsabilité en cas d'accident, conformité aux règles de transport des biens (notamment pour les objets volumineux ou de valeur), et confiance entre utilisateurs. La start-up prélève des frais d'utilisation, mais la nature exacte et le niveau de ces frais n'ont pas été précisés dans le reportage.
Premiers signaux et perspectives
Le fondateur, ingénieur électrique formé à l'Université du Québec à Chicoutimi, a conçu ColisGo à partir d'un constat personnel : les longs trajets entre régions génèrent des coûts et des délais pour la réception de biens. L'outil vise d'abord les trajets interurbains quotidiens ou réguliers, mais son modèle est aisément extensible si l'application sécurise les échanges et rassure les utilisateurs.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Lancement | Avril 2026 |
| Utilisateurs rapportés | 500 |
| Régions citées | Montréal, Québec, Gatineau, Saguenay |
Si ColisGo parvient à structurer les garanties et à convaincre un nombre significatif d'automobilistes et d'expéditeurs, elle pourrait s'inscrire comme un acteur alternatif aux réseaux postaux et aux coursiers, en particulier pour les flux de proximité entre villes. Pour les zones périphériques et moins denses, ce type de solution offre une réponse pragmatique aux coûts élevés et aux délais de livraison, tout en exploitant des trajets déjà planifiés.
Reste à voir si l'application franchira les étapes de la massification : recrutement d'un plus grand nombre de conducteurs, sécurité juridique et assurance des biens, optimisation de la tarification algorithmique et réduction des frictions entre utilisateurs. À ce stade, la traction initiale signale une demande réelle pour des alternatives locales et collaboratives à la livraison traditionnelle.