Renaissance de la collecte, mais des fragilités persistantes
En 2025, les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) ont retrouvé de la vigueur : la collecte nette a atteint 4,6 milliards d'euros, soit une progression de 29 % par rapport à 2024, selon les données citées. Le dernier trimestre a, à lui seul, représenté environ 1,3 milliard d'euros de collecte nette. Ces chiffres traduisent un retour de l'appétit des épargnants pour les revenus immobiliers, portés par des rendements qui restent, pour une partie du marché, supérieurs à ceux des placements réglementés.
Des rendements qui attirent, mais inégaux
Le principal argument en faveur des SCPI reste le rendement. Le panorama 2025 montre que certaines SCPI peuvent afficher des performances annuelles élevées : une quarantaine d'entre elles pourraient dépasser la barre des 6 %, et quelques-unes approcheraient, voire atteindraient, des niveaux proches de 10 %. Face à la baisse des rémunérations des livrets, ces chiffres séduisent les investisseurs en quête de revenu.
La liquidité : le talon d'Achille
Cependant, la dynamique positive de collecte masque une réalité plus mitigée : pour un nombre significatif de SCPI, les demandes de retrait de parts s'accumulent et peinent à trouver preneur. Autrement dit, si la demande d'entrée reprend, la revente de parts reste parfois difficile et peut nécessiter une décote pour trouver un acheteur. Cette divergence souligne une fracture entre SCPI bien gérées, diversifiées ou spécialisées sur des segments porteurs, et d'autres véhicules moins attractifs.
- Points positifs : collecte en hausse, rendements potentiellement élevés, attractivité face aux livrets.
- Risques : liquidité aléatoire, hétérogénéité des performances selon la qualité de la gestion et la diversification sectorielle.
- Conséquence : nécessité d'une sélection rigoureuse des supports et d'une vision long terme pour l'investisseur.
Comment positionner son épargne en 2026 ?
Pour les épargnants, l'actualité 2025 des SCPI invite à la prudence dans l'allocation : privilégier des SCPI avec diversification géographique et sectorielle, un historique de gestion stable et des actifs situés sur des marchés liquides. Il est également essentiel d'anticiper un horizon de détention long, qui permet d'absorber les frictions de revente éventuelles. La performance annoncée pour certaines SCPI ne suffit pas à gommer le risque que représente une structure mal adaptée ou mal gérée.
Quelques chiffres pour situer le marché
| Indicateur | Valeur 2025 |
|---|---|
| Collecte nette annuelle | 4,6 milliards € |
| Progression par rapport à 2024 | +29 % |
| Collecte nette - dernier trimestre | ~1,3 milliard € |
| Nombre de SCPI potentiellement >6 % | ~40 |
| Rendements maximaux évoqués | jusqu'à 10 % |
En résumé, 2025 a remis les SCPI au cœur des stratégies patrimoniales, mais la reprise est sélective : les investisseurs doivent trier les offres, intégrer le risque de liquidité et garder un horizon de placement adapté. Pour qui accepte ces contraintes, les SCPI peuvent rester une source intéressante de revenus ; pour les autres, la diversification vers d'autres classes d'actifs ou des solutions complémentaires reste à envisager.