Un repli timide après des mois de hausse
La Banque de France signale un fléchissement des défaillances d’entreprises en mai. Sur les douze derniers mois à fin mai, 70 077 défaillances ont été enregistrées, contre 70 257 fin avril. Le mouvement reste toutefois relatif : le volume demeure supérieur de 4,4 % à celui constaté fin mai 2025, dans un environnement économique dégradé et incertain.
« Le nombre de défaillances est globalement stable dans les autres secteurs d’activité ainsi que pour la plupart des tailles d’entreprises »
L’institution attribue ce léger recul à des diminutions dans certains secteurs et à un ralentissement dans d’autres, sans inverser pour autant la tendance d’ensemble.
Des contrastes sectoriels marqués
Le pivot vient notamment de la construction, seul grand secteur en baisse, avec un repli de 3,2 % sur un an à fin mai, pour atteindre 14 368 défaillances. À l’inverse, plusieurs segments restent sous pression :
- Agriculture, sylviculture et pêche : progression de +19,6 % sur un an, à 1 792 défaillances.
- Enseignement, santé, action sociale et services aux ménages : hausse de +15,8 %, à 7 168 entreprises.
- Transports et entreposage : ralentissement des défaillances, sans retour à la baisse généralisée.
Ce tableau souligne une dynamique encore hétérogène : certains secteurs amorcent une décrue, d’autres restent fragilisés par la conjoncture.
Par taille d’entreprise : effet microentreprises, vigilance sur les plus grandes
La baisse observée s’explique d’abord par un repli chez les microentreprises. Sur douze mois, les PME totalisent 70 010 défaillances, en hausse de 4,3 % par rapport à mai 2025. Les ETI et grandes entreprises enregistrent 67 défaillances, soit une progression de 15,5 % sur un an.
Si la masse des procédures concerne toujours les structures les plus petites, la hausse observée chez les grandes entreprises et ETI rappelle que les tensions financières ne s’arrêtent pas à la porte des sociétés plus capitalisées.
Une conjoncture qui pèse toujours
Pour la Banque de France, le niveau des défaillances « reste élevé », reflet de chocs successifs et d’incertitudes accrues qui ont fragilisé la situation financière de nombreuses sociétés. Après une période de normalisation post-crises, le cycle demeure heurté : le léger mieux de mai n’efface pas l’augmentation sur un an et ne constitue pas, à ce stade, un retournement confirmé.
Ce que cela implique pour les entreprises et leurs partenaires
Pour les dirigeants, fournisseurs et créanciers, ces données appellent à une vigilance opérationnelle accrue :
- Surveiller la liquidité et les délais de paiement dans les chaînes d’approvisionnement.
- Ajuster les politiques de risque client par secteur, compte tenu des écarts de trajectoire.
- Anticiper les besoins de financement court terme, malgré l’amorce d’un desserrement dans certains compartiments.
À court terme, l’évolution dépendra de la solidité de la demande, des conditions financières et de la capacité des entreprises à absorber les chocs passés. Le recul observé en mai crée une fenêtre d’espoir, mais la prudence domine.
Les principaux chiffres à retenir
| Indicateur | Niveau | Variation |
|---|---|---|
| Défaillances (12 mois, fin mai) | 70 077 | -180 vs fin avril |
| Écart vs fin mai 2025 | — | +4,4 % |
| Construction | 14 368 | -3,2 % (sur un an) |
| Agriculture, sylviculture, pêche | 1 792 | +19,6 % (sur un an) |
| Enseignement, santé, action sociale, services aux ménages | 7 168 | +15,8 % (sur un an) |
| ETI et grandes entreprises | 67 | +15,5 % (sur un an) |
Le signal est donc double : une courbe qui se stabilise à la marge, et un socle de défaillances qui demeure haut au regard de la période récente. Les prochains mois diront si la baisse enregistre un deuxième point, condition d’une tendance.