Un accélérateur de financement pour l'écosystème ivoirien
Vingt startups se sont affrontées lors d'un pitch final organisé à Abidjan le 24 octobre, au terme d'une semaine de formation intensive orchestrée avec Plug and Play Tech Center. Parmi elles, dix seront retenues pour rencontrer des investisseurs internationaux lors d'une session prévue au Maroc en décembre. L'opération s'inscrit dans la deuxième édition du Programme d’appui à l’écosystème des startups (Paes), conduit par Cdc-CI Capital et l'Agence Emploi Jeunes (AEJ).
Le stage préparatoire a couvert des compétences transactionnelles : amélioration du pitch, constitution du dossier investisseurs, structuration d'une dataroom, techniques de négociation et stratégies de recherche de financements. L'objectif annoncé est d'outiller les jeunes pousses pour qu'elles puissent séduire des financeurs et évoluer vers des modèles économiques viables capables de créer des emplois.
« L’accompagnement et le financement des startups constituent des leviers essentiels de l’innovation, de la création d’emplois et de la transformation économique de notre pays »,
a rappelé Axcel Biaou, chargé d’investissement chez Cdc-CI Capital. Pour la direction du programme, il s'agit de faire « passer » les entrepreneurs de l’idée à la startup qui lève des fonds et crée des emplois, formule tenue par Arthur Coulibaly, directeur général de Cdc-CI Capital.
Des résultats quantifiables — et un réseau international
Les organisateurs mettent en avant des indicateurs concrets du Paes 2026 :
- 9 024 jeunes sensibilisés à l’entrepreneuriat
- 2 612 étudiants formés au Design Sprint
- 157 startups accompagnées pour renforcer leurs capacités et préparer l'investissement
Plug and Play, partenaire de l'édition, entend installer un engagement durable. Sa directrice pays pour le Maroc, Halima Zahzah, a salué une initiative qui poserait des « fondations concrètes » pour accompagner les entreprises vers la levée de fonds et la création d'emplois durables.
Enjeux et perspectives
Ce dispositif combine formation pratique et mise en relation internationale — deux éléments clefs pour réduire l'écart entre idées et financement. L'enjeu principal reste de transformer ces opportunités de roadshow en rounds de financement réels et en recrutements sur le terrain. Le processus nécessite que les projets disposent non seulement de pitchs convaincants mais aussi de structures financières et juridiques solides pour négocier des term sheets.
La troisième édition du Paes est déjà en préparation. Les organisateurs visent notamment à renforcer la capacité des universités à déployer des programmes de Design Sprint et à consolider les incubateurs afin d'assurer une montée en charge et une pérennité des dispositifs d'accompagnement.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Jeunes sensibilisés (PAES 2026) | 9 024 |
| Étudiants formés (Design Sprint) | 2 612 |
| Startups accompagnées | 157 |
| Startups finalistes à Abidjan | 20 |
| Startups qui partiront au Maroc | 10 |
Reste à observer si ces dix lauréates sauront convertir l'exposition internationale en engagements financiers et en embauches. Le modèle du PAES combine volontarisme public, capital patient et appui d'acteurs privés internationaux : s'il fonctionne, il pourrait servir de référence pour d'autres programmes de financement de la tech africaine.