Un printemps tardif mais profitable au marché du travail corse
Au terme du deuxième trimestre 2026, la Corse enregistre un redressement sensible de son activité économique, principalement soutenu par le tourisme. Selon la note de conjoncture publiée par l'Insee, le deuxième trimestre s'achève avec une augmentation du volume d'heures travaillées et une légère progression des emplois salariés.
Concrètement, le nombre d'heures rémunérées progresse de 0,3 % sur un an, à l'inverse du mouvement national qui affiche une baisse. Parallèlement, le stock d'emplois salariés atteint 129 300 postes fin juin, soit une hausse marginale de 0,1 % par rapport au trimestre précédent. Pour les salariés et les employeurs, ces chiffres traduisent une saison touristique plus généreuse que prévu au printemps, avec des conséquences immédiates sur la charge de travail et le recours à l'intérim ou aux contrats saisonniers.
« le nombre d’heures augmente de 0,3 % en Corse par rapport au même trimestre 2025, à rebours de l’ensemble des régions »
Des gains concentrés dans les services marchands
Le moteur principal de cette embellie est le secteur des services marchands : l'activité y progresse sur un an et les effectifs salariés augmentent. L'hébergement-restauration est le segment le plus dynamique, avec une hausse notable des heures rémunérées.
- Hébergement-restauration : +3,0 % d'heures rémunérées sur un an ; effectifs salariés en hausse de +1,2 % sur le trimestre.
- Services marchands : activité +0,8 % sur un an ; effectifs +0,6 %.
- Transports & entreposage : activité en recul mais effectifs en hausse.
Des secteurs fragilisés malgré l'embellie
Tous les secteurs ne profitent pas de la reprise touristique. La construction reste à la traîne, avec une réduction sensible du volume d'heures rémunérées, même si le rythme de contraction ralentit. L'industrie affiche également un léger repli de l'activité et de l'emploi, affectée notamment par des baisses d'effectifs dans l'agroalimentaire et les services liés à l'énergie et à l'eau.
| Secteur | Variation activité (sur 1 an) | Variation effectifs (sur le trimestre) |
|---|---|---|
| Global (heures rémunérées) | +0,3 % | — |
| Emploi salarié total | — | +0,1 % |
| Services marchands | +0,8 % | +0,6 % |
| Hébergement-restauration | +3,0 % | +1,2 % |
| Construction | -2,7 % | -0,3 % |
| Industrie | -0,5 % | -0,3 % |
Pour les salariés, la hausse des heures dans l'hébergement-restauration peut signifier plus d'heures supplémentaires, des prolongations de contrats saisonniers et une amélioration du pouvoir de négociation sur les salaires à court terme. Pour les employeurs, cela pose la question de la disponibilité de main-d'œuvre qualifiée et de la pression sur les coûts (recrutements, heures supplémentaires, formation).
À l'inverse, les secteurs en recul — construction et industrie — continuent d'envoyer des signaux d'alerte. Une baisse durable de l'activité dans la construction peut freiner les créations d'emplois qualifiés et peser sur l'emploi local à moyen terme. De même, la contraction dans certains segments industriels appelle à une vigilance sur la reconversion professionnelle et le soutien aux filières affectées.
Au final, la Corse illustre une tendance contrastée : une saison touristique plus favorable qui soutient l'emploi dans les services, mais des fragilités structurelles persistantes dans d'autres branches économiques. Pour les décideurs et les acteurs de l'emploi, l'enjeu reste de transformer ce regain conjoncturel en gains durables pour les travailleurs et les entreprises.