Une baisse mesurable des loyers dans les zones où la courte durée est limitée
Une équipe de l'université McGill, dirigée par le professeur David Wachsmuth, publie des résultats qui alimenteront le débat sur l'encadrement d'Airbnb et des plates‑formes de location touristique. En suivant pendant six ans la fluctuation des loyers dans 309 quartiers canadiens, les chercheurs montrent qu'une réglementation municipale de la location de courte durée se traduit par une baisse moyenne des loyers de 55 $ par mois pour les locataires de ces secteurs.
À l'échelle nationale, l'effet devient massif : en 2023, les restrictions ont permis aux locataires canadiens d'économiser 192,4 millions de dollars par mois. Dans une logique concrète, cela signifie pour un ménage que la facture locative peut être réduite de plusieurs centaines d'euros par an rien que par l'effet de régulations locales.
« Nous avons prouvé hors de tout doute que la réglementation de la location de courte durée d’une résidence principale exerçait une pression à la baisse sur les loyers », affirme David Wachsmuth.
Un mécanisme régional : effets au‑delà des communes réglementées
Les résultats insistent sur le caractère régional du marché locatif : lorsque des communes importantes imposent des règles strictes, les zones voisines observent également un apaisement des tensions sur les loyers. L'étude cite l'exemple de Montréal ; malgré des règles strictes, Laval et Longueuil ont aussi vu une détente des loyers, illustrant que l'offre et la demande s'équilibrent à l'échelle d'aires urbaines et non uniquement de communes administratives.
Conséquences pratiques pour les ménages et les collectivités
- Pour un locataire : une économie moyenne immédiate de 55 $/mois, qui s'additionne sur l'année et peut influer sur le pouvoir d'achat.
- Pour les municipalités : un outil de politique locale simple à mettre en œuvre pour limiter la flambée des loyers sans attendre la construction de nouveaux logements.
- Pour le marché régional : la réglementation locale peut produire des effets d'entraînement positifs dans les territoires voisins.
Chiffres-clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Durée de l'étude | 6 ans |
| Quartiers analysés | 309 |
| Baisse moyenne des loyers | 55 $/mois |
| Économie totale estimée (2023) | 192,4 millions $/mois |
Ce travail ne prétend pas résoudre à lui seul la crise du logement — les auteurs le reconnaissent, l'explosion des prix est multifactorielle — mais il identifie un levier opérationnel : la régulation de la courte durée, appliquée sur des résidences principales, apparaît comme une mesure rapide pour alléger la charge locative des ménages et freiner l'inflation du coût de la vie.
Pour les acteurs français, les enseignements sont directs : en traduisant ces effets en euros et en mensualités, les collectivités territoriales disposent d'une brique de réponse pratique et immédiatement mesurable face à la tension sur les loyers, à condition d'adapter la transposition réglementaire au droit et au marché locaux.