Un accord annoncé, mais limité et contesté
Le 5 août, le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré qu’un « accord » avait été conclu entre l’Iran et le sultanat d’Oman pour faciliter la réouverture du détroit d’Ormuz. Cette voie maritime, par laquelle transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a été largement perturbée depuis le 28 février, date du début des hostilités directes entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
« un accord avait été trouvé entre l'Iran et le sultanat d'Oman »
Sur le terrain diplomatique, le texte tel que présenté ne lie pour l'heure que Téhéran et Mascate. Les spécialistes soulignent qu'à l’absence d’un feu vert de Washington, l’effet concret sur le trafic et sur la confiance des armateurs restera limité. Les États-Unis ont par ailleurs imposé, depuis le 13 avril, des mesures visant à isoler les navires en lien avec l’Iran, ce qui complexifie toute réouverture durable.
Impact immédiat sur les marchés pétroliers
La simple perspective d’un règlement a suffi à provoquer un mouvement sur les cours : avant le début du conflit, le baril valait moins de 70 dollars ; la période qui a suivi a vu une augmentation, avec une moyenne proche de 100 dollars. Les rares phases de reprise du trafic (fin avril, puis du 27 juin au 8 juillet) n’ont pas suffi à stabiliser durablement l’offre.
Pourquoi l’Europe reste vulnérable
- Le détroit est une artère cruciale pour les exportations de pétrole et de GNL : toute fermeture prolongée réduit l’offre mondiale et pèse sur les prix.
- Les routes alternatives sont plus longues et coûteuses : rediriger des cargaisons augmente les délais et les frais de transport, répercutés in fine sur les consommateurs.
- La confiance des armateurs et des assureurs est un facteur déterminant : sans garanties internationales, le trafic commercial peut rester limité malgré un accord bilatéral.
Scénarios et enjeux pour la France
Pour la France, l’effet se joue à plusieurs niveaux : la hausse des prix du pétrole alourdit le coût de l’essence et du diesel, tandis qu’une offre mondiale de GNL tendue renchérit l’approvisionnement en gaz sur le court terme, même si le pays dispose de capacités gazières et d'importations diversifiées. Les gains observés sur les marchés lorsque l’on évoque une réouverture peuvent être provisoires si le cadre juridique et sécuritaire ne permet pas un retour pérenne des navires.
Tableau récapitulatif
| Période | Événement | Conséquence sur le trafic |
|---|---|---|
| 28 février | Début des hostilités impliquant l'Iran | Fermeture effective du détroit |
| 13 avril | Blocus américain ciblant les navires liés à l'Iran | Renforcement des restrictions maritimes |
| Fin avril / 27 juin - 8 juillet | Réouvertures partielles lors de pourparlers | Flux limités et temporaires |
| 5 août | Annonce d'un accord entre Iran et Oman | Effet d'annonce sur les cours, impact incertain |
En l’état, l’annonce représente un signal positif pour les marchés mais reste insuffisante pour garantir un retour complet à la normale. L’issue dépendra autant des engagements techniques qu’un texte bilatéral permettra d’instaurer que de l’adhésion des acteurs internationaux, en particulier des États-Unis. Pour les consommateurs français, la volatilité demeure la règle : une normalisation durable du détroit allégerait les tensions sur les cours, tandis qu’un échec prolongerait la prime de risque intégrée aux prix de l’énergie.