Une baisse officielle qui ne change pas le panier quotidien
Les autorités tunisiennes annoncent un ralentissement de l’inflation à 5,1 %, mais cette amélioration macroéconomique peine à se traduire dans les étals et les pharmacies. Du côté des consommateurs, le constat est net : certains produits que les familles achètent régulièrement continuent de s’alourdir, affectant le pouvoir d’achat au mois et au foyer.
Des hausses ciblées qui frappent les dépenses courantes
Selon Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur, la baisse statistique ne reflète pas « la réalité vécue par les citoyens ». Les secteurs qui comptent le plus dans le budget des ménages — alimentation et santé — enregistrent encore des augmentations importantes. Parmi les exemples cités figurent la volaille, dont le prix a connu une envolée récente, ainsi que des produits de toilette courants comme le shampoing et le thon, devenus plus chers « soudainement et non annoncés ».
« soudaines et non annoncées »
Des médicaments devenus plus coûteux pour les patients réguliers
La pression est également très forte sur le marché pharmaceutique : certains médicaments importés, dont le prix était inférieur à 5 000 dinars, ont vu leurs tarifs augmenter de 30 % à 60 %. Pour les patients qui doivent renouveler des traitements chroniques, cela représente une charge mensuelle supplémentaire difficile à absorber. Concrètement, si un foyer dépensait auparavant 2 000 dinars par mois en traitements récurrents, une hausse de 30 % ferait grimper cette somme à 2 600 dinars, soit +600 dinars par mois.
La structure des dépenses, clé du ressentiment
Pour l’Organisation de défense du consommateur, le problème n’est pas tant le taux global d’inflation que la composition des dépenses des ménages : les produits les plus fréquemment achetés ou indispensables pèsent fortement sur le budget. Une amélioration moyenne de l’indicateur ne suffit pas si les articles de première nécessité continuent de s’alourdir.
Pénurie d’eau minérale : désorganisation plutôt que rupture de capacité
Autre illustration des tensions sur le marché : la rareté d’eau minérale dans certaines régions. Lotfi Riahi écarte l’idée d’un problème de ressources ou de production nationale et pointe plutôt une perturbation de la chaîne d’approvisionnement. Autrement dit, la marchandise existe, mais sa distribution est compromise, ce qui se traduit par des ruptures locales et parfois des surcoûts pour les consommateurs.
Conséquences et pistes
Pour les ménages, la réalité est tangible : des dépenses fixes en santé et alimentation peuvent augmenter de plusieurs dizaines d’euros par mois selon l’ampleur des hausses sectorielles. À court terme, l’enjeu est de suivre les segments où les prix grimpent et d’assurer une transparence sur les motifs de ces augmentations (coûts d’importation, logistique, spéculation). À moyen terme, les pouvoirs publics et les organisations de consommateurs devront revoir la manière dont l’évolution du coût de la vie est mesurée et communiquée, pour que l’indicateur reflète mieux le panier réel des familles.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Inflation globale (juillet) | 5,1 % |
| Hausse viande ovine (citée) | +16,7 % |
| Augmentation de certains médicaments | +30 % à +60 % |
- Constat : la moyenne d’inflation masque des hausses concentrées sur des produits essentiels.
- Impact : les budgets familiaux, notamment pour la santé, peuvent augmenter de plusieurs centaines de dinars par mois selon les traitements.
- Priorité : remédier aux perturbations logistiques et renforcer la surveillance des prix sur les produits de première nécessité.