Un congrès placé sous le signe du pouvoir d’achat et de l’emploi
Réunie à Montpellier du 23 au 26 juin, la FGTA-FO a tenu son 15e congrès en rassemblant plus de 800 participants, dont de nombreux délégués syndicaux. Au cœur des échanges : la pression sur les rémunérations et les droits sociaux dans des secteurs essentiels au quotidien des ménages, de la grande distribution à l’agroalimentaire, en passant par l’hôtellerie-restauration et l’agriculture.
Cette fédération au périmètre étendu couvre 64 conventions collectives, un ancrage qui lui donne un baromètre précis de l’évolution des conditions de travail et des revenus. Les débats ont mis en avant la défense de l’emploi dans la filière viticole et la situation des travailleurs étrangers et saisonniers, particulièrement exposés aux chocs économiques récents.
La location-gérance, point dur pour les salariés de la grande distribution
Parmi les sujets les plus saillants, la progression rapide de la location-gérance dans la grande distribution focalise l’attention. D’après les témoignages rapportés au congrès, ce modèle d’exploitation transfère des risques économiques vers des structures plus petites et reconfigure l’organisation des magasins, avec à la clé des dégradations des conditions de travail et des effets défavorables sur le pouvoir d’achat des équipes. Les représentants syndicaux y voient une dynamique qui fragilise les garanties collectives et complique les négociations salariales au niveau des points de vente.
« Nous sommes pour une répartition juste de la valeur produite par les travailleurs ! »
Le message porté lors du congrès est clair : face à la montée de la précarité pointée par la fédération, la question du partage de la valeur au sein des filières — alors que les dividendes progressent — devient un axe revendicatif central.
Après le Covid, reconnaissance en berne et restructurations en chaîne
Le retour d’expérience des secteurs dits de première et de seconde ligne est sans appel : malgré l’engagement pendant la crise sanitaire, la reconnaissance tarde. Depuis, les restructurations et certaines délocalisations dans les grands groupes agroalimentaires ont multiplié les plans sociaux. Pour les foyers concernés, la perte d’emploi ne se limite pas à un choc immédiat : elle pèse durablement sur le budget mensuel, des dépenses fixes au panier alimentaire.
- Accélération des réorganisations dans l’agroalimentaire, avec des impacts sur l’emploi local.
- Montée des dispositifs d’exploitation type location-gérance dans la grande distribution.
- Exposition accrue des salariés saisonniers et des travailleurs étrangers.
Un exemple concret : l’usine de Saint-Mihiel
L’année 2024 a vu la fermeture du site Bonduelle de Saint-Mihiel (Meuse), avec 159 suppressions de postes. Dans ce dossier, la FGTA-FO indique avoir obtenu, dans le cadre du PSE, une indemnité supra-légale de 6 000 euros par salarié. Une somme qui, pour un foyer, peut représenter un coussin temporaire pour régler charges et dépenses courantes, sans toutefois compenser la perte durable de revenus liée à la disparition de l’emploi.
Des secteurs clés, une même équation budgétaire pour les ménages
Qu’il s’agisse de distribution alimentaire, d’hôtellerie-restauration ou d’artisanat de bouche, ces filières structurent le quotidien des consommateurs et l’emploi de proximité. Lorsque les salaires stagnent, que les horaires se tendent ou que les protections collectives s’étiolent, l’effet se lit rapidement sur les fins de mois des salariés : moins de marge pour les courses, l’énergie ou le transport, plus d’arbitrages contraints pour les familles.
| Éléments clés | Données |
|---|---|
| Période du congrès | 23–26 juin |
| Participants | ≈ 850 (plus de 800) |
| Conventions collectives couvertes | 64 |
| Secteurs concernés | Grande distribution, agroalimentaire, hôtellerie-restauration, agriculture, services à la personne, coiffure/esthétique |
| Cas Bonduelle (2024) | 159 salariés, 6 000 € d’indemnité supra-légale |
Ce que les salariés attendent maintenant
Les revendications exprimées visent une consolidation des garanties collectives et une meilleure protection face aux montages d’exploitation qui transfèrent le risque aux équipes. Pour la fédération, l’enjeu est de peser dans les négociations pour que les hausses de productivité et la création de valeur bénéficient davantage aux salariés, notamment ceux qui subissent des horaires fragmentés, des contrats courts ou des réorganisations rapides de magasin.
Au-delà des discours, les prochains mois diront si les branches couvertes par la FGTA-FO obtiennent des avancées tangibles sur les salaires, la stabilité des plannings et les filets de sécurité lors de restructurations. Des mesures qui, traduites en euros sur le compte en banque à la fin du mois, conditionnent directement la capacité des foyers à absorber l’inflation résiduelle et les hausses de charges contraintes.