Une mobilisation inédite pour France Travail
Les dix organisations syndicales représentant les personnels de France Travail ont annoncé, lors d'une conférence de presse le 24 septembre, qu'elles appelaient à la grève et à des manifestations le 29 septembre, dans le cadre de la journée d'action de la fonction publique. C'est la première fois depuis 2018 que l'ensemble des syndicats de l'établissement public se coordonnent ainsi.
Les motifs de la mobilisation sont concrets : la demande d'augmentation des salaires des agents — alors que le gouvernement envisage de nouveau de geler le point d'indice des fonctionnaires en 2027 — et l'alerte sur les effets des réorganisations successives mises en place depuis la création de France Travail en janvier 2024.
Des organisations inquiètes pour le service public de l'emploi
Les syndicats dénoncent une succession de transformations internes qui, selon eux, réduisent les missions confiées aux personnels et dégradent leurs conditions de travail. Ils mettent également en avant une montée de la pression sur les usagers, en lien notamment avec le renforcement des dispositifs de contrôle de la recherche d'emploi.
"Depuis la création de France Travail, les personnels subissent une succession de réorganisations (...) qui réduisent nos missions et dégradent chaque jour davantage nos conditions d'exercice", ont déclaré les organisations lors de la conférence de presse.
Autre source d'inquiétude : le projet de budget 2027, dans lequel le ministère du Travail se voit demander 2,5 milliards d'euros d'économies. Les syndicats redoutent que ces économies entraînent de nouvelles réductions de moyens et affectent la qualité du service rendu aux demandeurs d'emploi.
Contexte économique : un chômage qui repart à la hausse
Cette mobilisation intervient dans un contexte où le taux de chômage a augmenté, atteignant 8,3 % de la population active au 2e trimestre 2026. Pour les salariés et les demandeurs d'emploi, cela signifie une pression accrue sur les services d'accompagnement et de placement, alors que les moyens pour y répondre pourraient diminuer.
- Salaires : revendication d'une revalorisation alors que le point d'indice pourrait rester gelé en 2027.
- Réorganisations : succession de transformations depuis 2024 perçues comme réduisant les missions.
- Budget : crainte d'un impact des économies de 2,5 milliards d'euros prévues pour 2027.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux de chômage (T2 2026) | 8,3 % |
| Économies demandées au ministère du Travail (2027) | 2,5 milliards € |
Ce que cela change pour les usagers et les agents
Si la journée du 29 septembre rassemble massivement, les conséquences pourraient être immédiates pour les demandeurs d'emploi : rendez-vous reportés, délais d'instruction plus longs, moins d'entretiens et d'accompagnement personnalisé dans les agences affectées par la grève. Pour les agents, il s'agit d'une tentative de peser sur les arbitrages gouvernementaux avant la discussion budgétaire sur 2027.
À court terme, le mouvement ouvre une fenêtre de négociation. À moyen terme, il pose une question centrale pour le service public de l'emploi : comment concilier maîtrise des dépenses et maintien d'un accompagnement efficace alors que le chômage repart à la hausse ?